Élément de langage: c'est "la mort dans l'âme" que le FN enterre Jean-Marie Le Pen

Publié à 10h13, le 09 avril 2015 , Modifié à 10h20, le 09 avril 2015

Élément de langage: c'est "la mort dans l'âme" que le FN enterre Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen en mars 2014. © AFP / Kenzo Tribouillard

Dézinguez-le mais soyez aimable. Un message semble avoir été passé au sein du FN pour condamner unanimement Jean-Marie Le Pen, affirmer qu'il ne représente plus le parti et demander le retrait de sa candidature aux régionales... tout en rappelant ô combien la situation est "triste" car le fondateur du parti était un "visionnaire".

On l'entend clairement dans la contre-attaque organisée par les cadres du parti ce 9 avril au matin, deux jours après l'interview du "menhir" au journal d'extrême droite Rivarol. C'est ainsi "la mort dans l'âme" (répété à trois reprises) que Florian Philippot préconise sur RMC le départ du fondateur du parti :

 

Je considère que la solution préférable, c'est que de lui-même il parte parce qu'il s'est mis de lui-même en marginalité politique vis-à-vis du mouvement. Je ne peux pas être plus clair parce que ça ne me fait pas plaisir de dire cela, je le dis la mort dans l'âme.



Je le dis la mort dans l'âme parce qu'il a fondé le mouvement, parce qu'il l'a dirigé pendant 40 ans, parce qu'il a été visionnaire sur de grandes thématiques comme l'immigration par exemple.

C'est également avec des "regrets" que le sénateur FN Stéphane Ravier évoque sur Europe 1 Jean-Marie Le Pen, son parcours, sa perte :

 

Nous lui devons beaucoup, je lui dois beaucoup. J’ai suivi l’homme politique, celui qui dénonçait il y a longtemps les ravages à venir du mondialisme, de l’immigration massive, de l’abandon des valeurs, de cette insécurité.



Aujourd’hui, je le regrette et quand je m’entends dire ça je me dis "c’est pas possible, c’est pas moi qui dit ça", Jean-Marie Le Pen ne s’inscrit plus depuis quelques heures dans une démarche politique et il met en péril le mouvement qu’il a créé.

Sur iTélé, le secrétaire général aux élections Nicolas Bay est dans le même registre :

Chez les militants, chez les cadres et même sans doute chez beaucoup d’électeurs il y a une certaine tristesse à voir Jean-Marie Le Pen multiplier les provocations et se mettre en marge, en rupture du FN. (...) De toutes les voix que j’ai entendues du FN, il y a encore une fois du respect, de l’estime pour lui, de l’affection même, mais une réprobation unanime sur les propos qu’il a pu tenir ces derniers jours.

Toute cette douceur n'empêchera pas le FN de renier Jean-Marie Le Pen. Sa fille refuse qu'il soit tête de liste en région PACA. Certains au FN plaident même pour qu'il soit exclu du parti.

Du rab sur le Lab

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