Emmanuel Macron a dû s'y prendre à deux fois pour présenter sa démission à François Hollande

Publié à 08h57, le 04 octobre 2016 , Modifié à 08h57, le 04 octobre 2016

Emmanuel Macron a dû s'y prendre à deux fois pour présenter sa démission à François Hollande
François Hollande et Emmanuel Macron au temps des amours © CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

STORYTELLING – Oh que ce fut dur, pour Emmanuel Macron, de quitter le gouvernement dirigé par Manuel Valls. Il fallut attendre la fin de l'été pour plier bagages et faire comme si le cœur se déchirait à mesure que les corps s'éloignaient. Et ensuite raconter l'épreuve traversée, la répéter, la diffuser. Ainsi fonctionne le storytelling de l'ancien ministre de l'Économie qui fait rapporter par ses fidèles l'histoire de son départ de l'équipe gouvernementale.

Fin septembre, on apprenait ainsi que l'ex-patron de Bercy était parti "sur un vrai désaccord intellectuel avec Valls sur la politique économique et avec Hollande sur la déchéance de nationalité et la politique européenne". Ce mardi 4 octobre, on découvre dans Le Parisien qu'Emmanuel Macron a dû s'y prendre à deux fois pour arriver à quitter pour de bon François Hollande. C'est le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, grand soutien de l'ancien ministre, qui rapporte cette déchirante rupture :

 

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Sa démission fin août fut un vrai déchirement. D'ailleurs, il a dû s'y reprendre à deux fois puisqu'il est allé voir le Président le samedi puis le mardi.

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Olala, que ce fut dur. Mais tellement. Un dé-chi-re-ment, qu'on vous dit. "Sa relation avec lui était celle d'un fils spirituel. Quand les enfants quittent la maison paternelle, c'est toujours un déchirement, mais c'est la vie", ajoute Gérard Collomb, signifiant ainsi que l'ancien ministre de l'Économie est l'homme du renouveau® alors que François Hollande est l'homme du passé.

Il faut aussi bien expliquer que le départ du gouvernement ne fut pas un acte de trahison envers le Président. Telle était déjà l'objectif de la démarche d'Emmanuel Macron, fin septembre, lorsque qu'il justifiait sa démission en parlant de la déchéance de nationalité... Il avait bien fait connaître en février son "inconfort philosophique" face au débat mais rien n'indiquait dans ses propos qu'il s'agissait là d'une ligne jaune susceptible d'entraîner son départ du gouvernement. Il lui aura d'ailleurs fallu six mois pour le faire.

Là où cela surprend, c'est que la version du camp Macron ne correspond pas vraiment à celle donnée par le camp Hollande. Mais ceci n'est qu'une question d'interprétation. 

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