Emmanuel Macron compte mener En marche "jusqu’au sommet"

Publié à 09h53, le 10 juillet 2016 , Modifié à 11h28, le 10 juillet 2016

Emmanuel Macron compte mener En marche "jusqu’au sommet"
© LOIC VENANCE / AFP

Ce n’est pas parce que c’est l’Euro, et que la France joue ce dimanche 10 juillet en finale, contre le Portugal, que les politiques doivent systématiquement filer la métaphore footballistique. Beaucoup aiment à se livrer à des pronostics (ici Jean-Vincent Placé, là Stéphane Le Foll, ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet). Mais, on l’aura compris, Emmanuel Macron ne fait rien comme tout le monde.

Pour parler politique, l’iconoclaste ministre a choisi la métaphore du cyclisme. Cela tombe bien puisqu’il était, samedi 9 juillet, dans les Pyrénées, sur la route du Tour de France. A quelques jours de son premier grand meeting à la Mutualité, le mardi 12 juillet, les rumeurs fusent sur un possible départ du gouvernement. Si, finalement, cette sortie sera très probablement repoussée, Emmanuel Macron n’a pas caché ses ambitions présidentielles, comme il le confie au JDD ce 10 juillet. La création le 6 avril de son mouvement politique "En marche" va le lancer pour la présidentielle, cela ne fait désormais plus aucun doute :

 

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Il y a plusieurs étapes, c’en est une qui a commencé le 6 avril et que je compte bien mener jusqu’au sommet.

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Mais voilà, pas question de ne pas en sortir vainqueur. Il faut donc prendre son temps. Le leader d’"En marche" poursuit :

 

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Je ne concours pas pour le maillot à pois [meilleur grimpeur, ndlr] ou le maillot blanc [meilleur jeune, ndlr], ni pour le maillot vert [meilleur sprinteur, ndlr]. Quand on fait du vélo, c’est le maillot jaune [leader au classement général, ndlr]… Vous connaissez beaucoup de coureurs qui commencent le Tour en disant qu’ils veulent le maillot blanc ?

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Si on lit entre les lignes, on comprend qu'Emmanuel Macron ne veut pas être reconnu pour sa jeunesse (38 ans) ni pour sa démarche originale (un mouvement "et de droite, et de gauche"), mais vise plus haut : la victoire. Ce qui vient accréditer la thèse selon laquelle il serait "entré en campagne", comme l’a affirmé son soutien Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon.

Ses proches comptent en tout cas sur le meeting de mardi prochain pour prouver que "ce n’est pas un homme seul, que ce n’est pas un mouvement d’amateurs, qu’il y a une construction positive", selon Arnaud Leroy cité par le JDD. Le député PS des Français de l’étranger ironise :

 

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Cambadélis réunit péniblement 250 personnes alors qu’il a douze partis politiques derrière lui, la différence sautera aux yeux.

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Mais pour l’instant, ni une sortie du gouvernement, ni une candidature à la présidentielle ne sont à l’ordre du jour. Le sénateur François Patriat, l’a bien analysé auprès du JDD : "Hollande ne le virera pas, il va vouloir l’utiliser jusqu’au bout". Le chef de l’Etat est en effet conscient que la démarche d’Emmanuel Macron, pour laquelle il a donné son accord, peut lui être bénéfique pour élargir ses soutiens… mais seulement un temps.

Du rab sur le Lab

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