Emmanuel Macron critique le manque de leadership à gauche et à droite (ce qui n'est pas très gentil pour François Hollande)

Publié à 07h12, le 01 juillet 2016 , Modifié à 07h12, le 01 juillet 2016

Emmanuel Macron critique le manque de leadership à gauche et à droite (ce qui n'est pas très gentil pour François Hollande)
Emmanuel Macron © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Emmanuel Macron ne sait pas encore s'il se présentera à la primaire. Du moins, il ne le dit pas. D'ailleurs, lorsqu'on lui pose la question, le ministre de l'Économie ironise. Lui qui n'est pas encarté au Parti socialiste et définit son mouvement "En marche !" comme "et de droite, et de gauche", choisit le second degré quand on lui pose la question de son éventuelle participation à la primaire : "Celle de la gauche ou celle de la droite ?"

Voilà qui devrait plaire à ses détracteurs, ceux qui dénoncent son positionnement politique plus franchement à droite qu'ancré à gauche et ceux qui estiment qu'il fait de l'ombre à François Hollande. D'autant qu'Emmanuel Macron, en parlant des primaires en général et de la primaire du PS en particulier, adresse un missile sol-air tout à fait précis à l'actuel chef de l'État.

Cité par Le Figaro ce vendredi 1er juillet, le ministre de l'Économie commente :

 

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Les primaires, c'est la preuve du faible leadership de chaque côté.

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Emmanuel Macron note donc un manque de leadership à droite, où la tension règne entre Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Nadine Morano, etc. Il souligne également un manque de leadership à gauche où, pourtant, on peut se glorifier de compter dans ses rangs un président sortant. Ce qui n'est pas habituel, surtout au PS. Le ministre de l'Économie n'en est pas encore à dire que François Hollande n'est pas un meneur naturel, mais c'est tout comme.

C'est d'autant plus vrai que l'ancien banquier d'affaires de chez Rotchsild devenu conseiller à l'Élysée puis ministre de l'Économie a décidé de se présenter, pour sa part, comme un politique antisystème. Parfaitement. C'est ce qu'il s'est échiné à répéter au Figaro dans un train le ramenant vers Paris, lundi 27 juin. À plusieurs reprises, le patron de Bercy a expliqué à la reporter du quotidien à quel point :

1. Y en marre des mêmes recettes politiques qu'on nous sert depuis 1970.

2. Le système est contre lui mais il y croit quand même.

Cela l'oblige, forcément. Il dit :

 

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Je ne me résous pas à ce que ceux qui s'opposent au système aillent vers le Front national. […] Si on explique aux gens, ils comprennent. Moi, quand je vais chez le médecin et qu'il se contente de me donner des cachets, je ne les prends pas ; s'il m'explique la douleur, ses causes et le moyen de la résorber, je sais que c'est un bon médecin. En politique c'est pareil! On nous donne les mêmes pilules depuis trente-cinq ans et personne ne les prend. On en a encore la preuve aujourd'hui.

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Anti-système, il garde son sang-froid.

Il sait, en revanche, que cela pourra se retourner contre lui et que, s'il échoue, le système l"'expulsera". C'est dur mais c'est comme ça. 

Du rab sur le Lab

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