Emmanuel Macron prépare le terrain pour le débat sur la PMA qu'il veut "apaisé"

Publié à 21h44, le 15 octobre 2017 , Modifié à 12h18, le 26 décembre 2017

Emmanuel Macron prépare le terrain pour le débat sur la PMA qu'il veut "apaisé"
© Montage le Lab

Sur la question de la PMA, l'exécutif n'a pas toujours été très clair. Le 29 septembre dernier, Edouard Philippe était sur France 2, mais n'a pas franchement clarifié la position officielle.

Ce dimanche 25 octobre, sur TF1, Emmanuel Macron n'a pas non plus été des plus précis et concis. Mais une chose est sûre, dans l'esprit du Président, le débat aura lieu en 2018 et sera un débat "apaisé".

Il est demandé à Emmanuel Macron d'expliquer son cap sur l'extension de la PMA au couple de lesbiennes et aux femmes célibataires. Réponse du chef de l'Etat :

 

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Vous me permettrez, sur des sujets aussi complexes, de refuser le oui ou non. [...] Je pense que, à partir du moment où on a accepté pour des femmes vivant en couple de bénéficier de la PMA, il est normal, compte tenu du fait que nous reconnaissons qu'une mère peut être seule, ou que deux femmes puissent être en couple, de reconnaître ce droit aux femmes seules et aux couples de même sexeJ'ai dit que je respecterai l'ensemble des convictions. Sur ces sujets de société, le politique ne doit pas imposer un choix en brutalisant les consciences, des convictions profondes que je respecte chez chacun et chacun. Je souhaite que durant l'année 2018, nous puissions avoir ce débat de manière apaisée. [...] Je suis pour reconnaître des droits égaux à nos concitoyens. Je suis très sensible au respect de la filiation. C'est aussi pour ça que je suis contre la GPA. J'ai une conception de la dignité du corps de la femme. Cette conception philosophique ne permet pas qu'on puisse porter un enfant pendant neuf mois pour le compte d'un autre. Je souhaite qu'on ne puisse pas passer de la PMA à la GPA subrepticement.

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PMA pour toutes, donc, mais pas de GPA en vue. Emmanuel Macron veut à tout prix éviter de reproduire la même chose que son "prédécesseur" (qu'il n'a jamais nommé lors de cette interview télévisée). Pas question de faire durer les débats passionnés, de voir La Manif pour tous prendre la rue. Pas question "d'ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C'est ce qui s'est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là", disait Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

Le 12 septembre dernier, Marlène Schiappa avait confirmé les déclarations de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui assurait en juillet que l'ouverture de la "PMA pour toutes" sera bien proposée au Parlement dès l'année prochaine. Plus tard, Marlène Schiappa avait tempéré son annonce en affirmant que "la PMA sera adoptée avant la fin du quinquennat". La PMA, donc, mais pas la GPA. Mais il n'en a pas fallu plus pour que les opposants montent au créneau.

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