Finalement, le parti d'Emmanuel Macron est "et de droite, et de gauche" (mais surtout progressiste)

Publié à 21h11, le 21 avril 2016 , Modifié à 21h37, le 21 avril 2016

Finalement, le parti d'Emmanuel Macron est "et de droite, et de gauche" (mais surtout progressiste)
Emmanuel Macron © AFP

Emmanuel Macron était à Chartres ce jeudi 21 avril. L’iconoclaste ministre a fait bande à part lors de la visite de l’entreprise danoise Novo Nordisk, au point de provoquer l’agacement de François Hollande. "Il est où Macron", a lancé le chef de l’Etat à plusieurs reprises.

Ce même 21 avril, Emmanuel Macron a également donné une interview aux quotidiens du groupe EBRA (Le Progrès, L’Est républicain, etc.), à paraître vendredi 22 avril. Le leader d’En Marche y explique ne pas être "l’obligé" de François Hollande, mais oppose aussi au traditionnel clivage gauche/droite celui de progressistes/conservateurs.

  • "Prendre le calendrier politique dans le bon ordre"

Emmanuel Macron a intégré l’équipe gouvernementale en 2014, mais cela ne signifie pas qu’il ne peut pas avoir d’avis sur la politique menée par l’exécutif depuis l’élection de François Hollande. Bien au contraire, il reproche à demi-mots au président de ne pas avoir annoncé la couleur des réformes en 2012. Le ministre de l’Economie commence ainsi par regretter que certaines réformes n’aient pas pu voir le jour :

 

Nous aurions voulu aller plus loin aussi, mais nous n’y sommes pas toujours parvenus, parce que certains débats importants n’avaient pas été abordés ou tranchés démocratiquement en 2012. Les débats internes à la majorité sur la politique conduite en sont le reflet.

Et de dire que, lui président, il aurait pris "le calendrier politique dans le bon ordre" :

 

Ma démarche consiste à dire : pour aller plus loin, il faut expliquer clairement dès le début ce que l’on souhaite faire et comment, et prendre le calendrier politique dans le bon ordre.

  • NotYourObligé

Malgré la création de son mouvement politique En Marche, Emmanuel Macron a renouvelé sa "loyauté" au président. Autrement dit : il ne se présentera pas contre lui en 2017. L’accord semble clair entre les deux hommes, puisque François Hollande a dit, lors de l’émission Dialogues citoyens : "Il sait ce qu’il me doit".

Mais loyauté n’est pas "obligé".

 

- Emmanuel Macron : J’ai une loyauté personnelle envers François Hollande. Je lui dois de m’avoir fait confiance et de m’avoir nommé au gouvernement. En même temps, lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce qu’il pense que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé. Cela a d’ailleurs toujours été la philosophie de François Hollande.



- Journaliste : Donc, loyal à François Hollande, mais pas son obligé ?



- Emmanuel Macron : Loyal sur le plan personnel et n’appartenant à aucun clan sur le plan politique. Avec un devoir : tout faire pour que les Français retrouvent le goût de l’avenir.

 

Après de nombreuses reprises dans la presse, le ministre de l’Economie a précisé à l’AFP que ce mot avait été "sorti de son contexte" et regretté "le jeu des petites phrases".

  • Droite/gauche vs progressistes/conservateurs

On croyait son mouvement ni de droite, ni de gauche. En Marche est en fait "et de droite, et de gauche" (un peu comme NKM). Emmanuel Macron ne veut rien de moins que bousculer le système des partis. Au traditionnel clivage droite/gauche, il oppose celui des progressistes et des conservateurs :

 

Je suis de gauche, j’assume d’où je viens. Mais je veux fonder une offre politique progressiste, car le vrai clivage aujourd’hui, il est entre les progressistes et les conservateurs, plus qu’entre la gauche et la droite. [...]



Les réflexes partisans ont empêché la majorité de conviction qui existait bel et bien de s’exprimer. Eh bien, fondons maintenant cette majorité progressiste pour faire avancer le pays ! Ce n’est donc pas 'ni droite, ni gauche', mais 'et droite, et gauche', car nous devons rassembler toutes les bonnes volontés autour d’un projet commun. Il faut une recomposition de l’offre politique, et il la faut maintenant.

 

 

  • Rendez-nous Jeanne d’Arc

Emmanuel Macron va présider les fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans le 8 mai. Il a été invité par Olivier Carré, le maire LR de la ville. Il voit dans ces fêtes une manière de se réapproprier la figure de la pucelle d’Orléans, particulièrement affectionnée du Front national :

 

Je suis attristé qu’on ait laissé Jeanne d’Arc, cette grande figure de notre pays, au Front national.

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