Emmanuel Macron se vante d’avoir "préempté la recomposition" face à Manuel Valls

Publié à 11h14, le 14 avril 2016 , Modifié à 11h14, le 14 avril 2016

Emmanuel Macron se vante d’avoir "préempté la recomposition" face à Manuel Valls
Emmanuel Macron, au top sur la recomposition. © AFP

"Recomposition." De Manuel Valls à Jean-Christophe Cambadélis, c’est le mot-clé des socialistes convaincus qu’il faut dépasser le parti de la rue de Solférino dans un moment où la gauche est profondément divisée entre deux ailes "irréconciliables", dixit le Premier ministre.

Surtout, c’est un concept que manie Manuel Valls depuis de long mois, appelant à une "recomposition" de la gauche autour des forces progressistes. Mais le Premier ministre a vu un adversaire se pointer sur la (sa ?) route sinueuse de cette recomposition : Emmanuel Macron.

Le ministre de l’Economie, qui vient de lancer son mouvement politique ni de droite ni de gauche, dit-il, veut annexer le créneau comme la Russie a annexé la Crimée : sans opposition. Et il le dit sans ambages. D’après un indiscret du Point du 14 avril, l’iconoclaste ministre s’est confié "dans un bar d’hôtel", lors du déplacement d’une partie du gouvernement à Alger :

"

Ce (En Marche !, ndlr) n’est pas un mouvement qui rabat pour François Hollande. C’est la politique de l’offre. J’ai préempté la recomposition.

"

Manuel Valls appréciera. D’autant plus qu’Emmanuel Macron souhaite cette fameuse recomposition "avant 2017". Sait-on jamais, au cas où François Hollande jette l’éponge, le patron de Bercy pourra se lancer dans la grande course à la présidentielle. Et s’opposer alors frontalement à Manuel Valls.

Le Premier ministre ne pourra pas dire qu’il n’était pas prévenu. Avant de quitter le gouvernement, Bercy et son ministère du redressement productif, Arnaud Montebourg avait averti son meilleur-ennemi devenu Premier ministre du "risque Macron" :

"

Tu fais une connerie, il va te tuer. Il va te piquer ton positionnement sur la modernité et il ne te restera rien.

"

Ce qui se joue ici, entre Emmanuel Macron et Manuel Valls, ce n’est pas une lutte classique entre autoproclamés Anciens et autoproclamés Modernes, mais un duel entre ambitieux revendiquant la modernité.

Du rab sur le Lab

PlusPlus