Emmanuel Macron veut à la fois une intervention militaire en Syrie et une discussion avec Bachar al-Assad pour qu’il parte

Publié à 21h46, le 06 avril 2017 , Modifié à 21h54, le 06 avril 2017

Emmanuel Macron veut à la fois une intervention militaire en Syrie et une discussion avec Bachar al-Assad pour qu’il parte
Emmanuel Macron © Capture d'écran France 2

L’Emission politique d’Emmanuel Macron vient à peine de commencer que déjà, le candidat d’En Marche ! fait une annonce. Celle-ci ne concerne pas la France directement mais l’actualité internationale, marquée par la mort de nombreux civils - dont plusieurs dizaines d’enfants - dans le bombardement, très certainement à l’arme chimique,  contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun en Syrie.

Emmanuel Macron reste prudent mais ses intentions sont claires : si le régime de Bachar al-Assad est derrière cette attaque, il faut une intervention militaire de la communauté internationale en Syrie. Sur France 2, ce jeudi 6 avril, il prévient :

 

Oui, Bachar al-Assad est un criminel. Oui, il y a déjà eu 2013 des attaques à l’arme chimique. Et il semble - je suis toujours prudent parce que les faits sont en train d’être vérifiés et qu’une enquête internationale est en train d’être dépêchée mais si c’était confirmé, c’est gravissime. Donc oui, il faut une intervention internationale et ma préférence c’est bien qu’il y ait une intervention sous l’égide des Nations Unies, une intervention militaire. [...] Si ces faits sont confirmés, il est indispensable d’agir fortement.

 

Cette position lui permet de se démarquer de trois autres candidats à l’Elysée : François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qu’Emmanuel Macron accuse d’être "complaisants" avec Moscou, soutien de Bachar al-Assad. "La Russie n’a pas nos valeurs ni nos préférences", tonne-t-il.

Dans un style très macronien, le candidat à l’élection présidentielle se garde pourtant de position définitive concernant le Président syrien. Après avoir demandé une intervention militaire en Syrie, il estime qu’il faut travailler avec "les représentants" de Bachar al-Assad "pour le sortir du régime". L’ancien ministre de l’Economie poursuit :

 

Il faut construire la sortie de Bachar al-Assad, oui. [...] On a refusé tout contact et je pense que mon désaccord avec ce qui a été la ligne française a été de dire que le préalable à tout, c’est de ne pas discuter avec Bachar al-Assad. Or, le pire des risques dans cette région, on l’a déjà vécu avec l’Irak, on l’a vécu ailleurs, c’est le risque d’un Etat failli. Notre priorité, ce sont les terroristes donc on doit d’abord les éradiquer. Puis on doit ensuite construire une transition politique, sortir Bachar al-Assad du jeu mais dans un premier temps, cette transition se fera avec lui.

 

En résumé, pour Emmanuel Macron, il faut à la fois intervenir en Syrie et discuter avec Bachar al-Assad pour qu’il parte. "Ma volonté, c’est évidemment la sortie du pouvoir de Bachar al-Assad mais pas au prix de l’instabilité", précise-t-il. Une position forcément difficile. "C’est compliqué à faire sinon ça aurait été fait", ajoute Emmanuel Macron, précisant par la suite que l'intervention militaire qu’il réclame doit s’inscrire dans "une feuille de route diplomatique" précise...

Cela est d’autant plus compliqué - voire un tout petit peu flou - quand, comme Emmanuel Macron, on lance en direct sur France 2 que le président syrien a commis "des crimes contre l’humanité"...

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