Emmanuelle Cosse compare Nicolas Sarkozy à Donald Trump après ses propos climatosceptiques

Publié à 07h19, le 15 septembre 2016 , Modifié à 10h57, le 15 septembre 2016

Emmanuelle Cosse compare Nicolas Sarkozy à Donald Trump après ses propos climatosceptiques
Emmanuelle Cosse. © AFP

En matière d’écologie aussi, Nicolas Sarkozy a pas mal changé d’avis. L’homme qui a fait le Grenelle de l’environnement ne croit désormais plus à l’influence de l’homme sur le réchauffement climatique (même si Gérald Darmanin a donné une version édulcorée des propos qu’aurait tenu le candidat à la primaire de la droite). Toujours est-il que cette sortie de Nicolas Sarkozy a inévitablement fait hérisser les poils des écolos.

Ainsi Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et ancienne patronne d’EELV, a-t-elle envoyé une réaction écrite à l’AFP aux déclarations de l’ancien chef de l’Etat. "C’est hallucinant, écrit-elle. Nicolas Sarkozy nous ramène 15 ans en arrière." Et, comparant Nicolas Sarkozy avec… Donald Trump, elle estime que l’ancien président de LR a "dépassé les limites de l’indécence" :

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On dirait Donald Trump. Nier les effets du réchauffement climatique relève de l'obscurantisme. On dépasse les limites de l'indécence.

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"Voter pour Nicolas Sarkozy, c'est nous mettre en danger. C'est mettre en danger la santé des Français et l'avenir des générations futures", renchérit Emmanuelle Cosse.

Candidate à la primaire EELV, Cécile Duflot a fait dans la sobriété pour répliquer aux propos de Nicolas Sarkozy qu’elle qualifie néanmoins, entre les lignes, "d’imbécile obstiné". Sur Twitter, relayant un graphique montrant la hausse constante des températures depuis la fin du 19e siècle, l’ex-ministre du Logement écrit :

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Avis aux imbéciles obstinés qui nous précipitent dans la fournaise : voilà la réalité du dérèglement climatique.

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Interrogée ce jeudi sur iTélé sur ces propos, la secrétaire d'Etat écolo (mais plus EELV) Barbara Pompili a estimé que la droite était "en train de démonter tout le travail qui a été fait sur la protection de l’environnement dans notre pays". Et d'ajouter, dénonçant "la goutte d'eau de trop" :

 

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On voit que le discours est un discours régressif, rétrograde, et qui va nous faire perdre des dizaines d’années d’avancées.

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Pour le climatologue Jean Jouzel, ancien vice-président du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat dont les travaux font autorité, les déclarations de Nicolas Sarkozy sont "vraiment pitoyables pour quelqu'un qui a lancé le Grenelle de l'environnement" sous son quinquennat.

Marianne rapportait ainsi, mercredi 14 septembre, une phrase du candidat à la primaire prononcée ces derniers jours "devant un cercle de patrons". Des propos dans lesquels l'ex-Président qui aspire à le redevenir nie l'impact des activités humaines, et notamment économiques, sur le réchauffement climatique. Nicolas Sarkozy a en effet asséné, selon l'hebdomadaire :

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Cela fait 4 milliards d’années que le climat change. Le Sahara est devenu un désert, ce n’est pas à cause de l’industrie. Il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat...

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Une version édulcorée par Gérald Darmanin, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, qui a rapporté auprès de l’AFP une toute autre version des propos de son champion :

 

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On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c'est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d'années que le climat change. L'homme n'est pas le seul responsable de ce changement. Je préférerais qu'on parle d'un sujet plus important : le choc démographique. La France doit porter une conférence sur la démographie. Jamais la terre n'a connu un choc démographique tel qu'elle va le connaître, puisque nous serons onze milliards dans quelques années. Là, l'homme en est directement responsable. Et personne n'en parle.

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