En Israël, Sarkozy prend le contre-pied de Hollande sur la question du Hezbollah

Publié à 19h15, le 22 mai 2013 , Modifié à 07h14, le 23 mai 2013

En Israël, Sarkozy prend le contre-pied de Hollande sur la question du Hezbollah
Capture d'écran Ustream

C'est une position très claire qu'a énoncée l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, lors d'un discours à l'université de Netanya, ce 22 mai. "Le Hezbollah doit être inscrit sur la liste des organisations terroristes par l'Union Européenne", a martelé l'ancien président. A Bruxelles, quelques minutes plus tôt, François Hollande avait refusé de répondre à cette question. 

C'est finalement Laurent Fabius, dans la soirée, qui annoncera que la France propose que la branche militaire du Hezbollah soit inscrite à la liste des groupes terroristes de l'Union européenne.

19H - Après vingt minutes de discours, l'ancien président Nicolas Sarkozy lance, sous un tonnerre d'applaudissements:

Quand au Hezbollah, qui combat en Syrie, au nom de l’Iran. Cela ne serait que justice qu’il soit sanctionné par l’Union Européenne et inscrit sur la liste des organisations terroristes.

Un passage isolé par Le Lab, à écouter ci-dessous :

17H40 et 17H50- Une grosse heure plus tôt, interrogé à deux reprises à Bruxelles, le président de la République, François Holllande avait, pour sa part, refusé de donner la position de la France sur l'opportunité d'inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne, ainsi que le raconte en détail Médiapart(article payant).

Une de leur journaliste avait d'ailleurs tweeté.

#Hollande refuse de donner sa position sur la volonté de pays européens de classer le #Hezbollah parmi les organisations terroristes. #EUCO

— Lénaïg Bredoux (@LenaBred) 22 mai 2013

#Hollande refuse pour la 2e fois de répondre sur le #Hezbollah: "Quand une demande viendra, nous aurons à l'examiner". #EUCO

— Lénaïg Bredoux (@LenaBred) 22 mai 2013

François Hollande qui a très exactement déclaré, plus en détails : 

Une question m’a été posée. Je vous ai dit "comme on en avait pas parlé au conseil européen, je ne veux pas, ici, aller plus loin que ce que j’ai déjà dit".

Lorsqu’il y aura une demande qui viendra de la Bulgarie, nous aurons à l’examiner.

Une autre question ?.

Voir la vidéo ( à 15' et à 25'):

Sollicité par le Lab, l’entourage de Nicolas Sarkozy évoque une "pure coïncidence", "ce discours était préparé depuis plus de 24 heures". 

Berlin et Londres soutiennent l'inscription du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. 

23H - Loin de Bruxelles, mais plus proche de Netanya, c'est finalement Laurent Fabius qui, depuis Ammman, annonce que la France va proposer que la branche militaire du Hezbollah soit inscrite sur la liste des groupes terroristes de l'Union européenne en raison de son soutien au régime de Damas.

"Compte tenu des décisions qu'a prises le Hezbollah et le fait qu'il a combattu très durement la population syrienne, je confirme que la France proposera d'inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes" de l'UE, a déclaré ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères. 

Au diner du Crif, en mars, François Hollande avait affirmé que l'Europe doit être prête à "tirer toutes les conclusions" de l''implication des membres du Hezbollah dans l'odieux attentat de Burgas", mais sans appeler l'Union Européenne à inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

Concernant la Syrie, Nicolas Sarkozy a, ce 22 mai en Israël, de nouveau tenté d'éveillé les consciences de la communauté internationale.

Je ne peux me résoudre au massacre d’un peuple par son tyran. Je suis triste de voir notre Europe impuissante, regarder Israël agir seule, une frappe aérienne après l’autre.

Chacun trouve prétexte dans les hésitations de l’autre. Bashar El Assad a commis l’irréparable devant son peuple. Ce peuple est en péril de mort. (...) Je veux croire qu’il n’est pas trop tard pour retirer à Bashar El Assad, les armes avec lesquels il massacre son peuple.

En août 2012, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, avait diffusé un communiqué commun avec le président du Conseil national syrien, Abdel Basset Sayda, pour demander une "action rapide" de la communauté internationale.

Ils ont constaté la complète convergence de leurs analyses sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d'une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres

Michaël Bloch et Paul Larrouturou

Du rab sur le Lab

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