En l'état, Benoît Hamon "ne croit pas" que François Hollande sera au second tour en 2017

Publié à 08h52, le 15 avril 2015 , Modifié à 09h11, le 15 avril 2015

En l'état, Benoît Hamon "ne croit pas" que François Hollande sera au second tour en 2017
Benoît Hamon © DOMINIQUE FAGET / AFP

La campagne pour le congrès du PS, qui se tiendra à Poitiers début juin, est bel et bien lancée. Et malgré le fait qu'il ne pourra pas prétendre au poste de Premier secrétaire, Benoît Hamon est en première ligne pour défendre la motion de l'aile gauche et des frondeurs. Dans une interview à Paris Match, mercredi 15 avril, il s'en prend frontalement à François Hollande et à la politique du gouvernement.

L'ancien ministre serait-il prêt à voter à nouveau pour François Hollande en 2017 ? "Président sortant face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, je voterai évidemment pour lui", commence-t-il par répondre. Mais il ajoute aussitôt :

 

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Mais la question est : peut-il être au second tour si ce quinquennat ne laisse pas une empreinte sociale forte? Dans l’état actuel de désespérance de nos électeurs, je ne le crois pas.

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À son sens, la politique du gouvernement ne permettrait donc ni d'améliorer la situation économique du pays ni de gagner la prochaine présidentielle. Mais attention, il ne s'agit pas ici de l'échec de "la gauche", puisque Benoît Hamon estime que les "solutions" qui correspondent à ses "valeurs" n'ont, pour l'instant, "pas été tentées dans un certain nombre de domaines". Il dit :

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Certaines mesures tournent ouvertement le dos à nos valeurs et à notre histoire. Si la politique économique du gouvernement échoue, sur certains aspects ce ne sera pas l’échec de la gauche. Cela n’invalide en rien les solutions de la gauche puisqu’elles n’auront pas été tentées dans un certain nombre de domaines.

 

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Il s'agira alors, selon l'ex-ministre, de l'échec de François Hollande, Manuel Valls et leur politique qui n'est donc pas "de gauche". Pour éviter cela, il appelle à nouveau de ses vœux la mise en oeuvre d'une autre politique, et maintient sa volonté que soit organisée une primaire pour la présidentielle de 2017, président sortant ou pas :

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La droite en organise une parce qu’elle considère que la gauche a été à l’avant-garde en ouvrant la désignation de son candidat aux électeurs de son camp. Ce serait dommage d’abdiquer une telle conquête !

 

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Un argument qu'il avait déjà déroulé sur BFMTV dimanche soir.

Benoît Hamon en place également une pour Martine Aubry, qui a finalement rallié la motion majoritaire portée par Jean-Christophe Cambadélis pour le congrès. Malgré ses appels du pied, la maire de Lille a donc choisi de se ranger derrière le gouvernement. À Paris Match, le député des Yvelines explique ne pas en être plus ému que cela :

 

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C’est toujours mieux quand les gens qui pensent la même chose se retrouvent sur les mêmes textes. Aux yeux des Français, c’est aussi plus compréhensible. Mais elle a fait un autre choix, je le respecte, on fera sans elle.

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D'après Le Canard Enchaîné, il a également moqué en ces termes la décision de Martine Aubry :

 

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Elle habille un ralliement que personne ne comprend ! Elle se laisse récupérer, et le gouvernement va continuer à faire du Macron. [...] Aubry ne voulait pas s'allier avec Montebourg et moi, sous prétexte qu'on aurait fait, l'an dernier, la courte échelle à Valls pour Matignon. Et, finalement, elle signe la motion de Valls ! Quelle cohérence !

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