En plein suspense du remaniement, Édouard Philippe plaide publiquement pour le maintien de Castaner au gouvernement

Publié à 15h04, le 21 novembre 2017 , Modifié à 15h45, le 21 novembre 2017

En plein suspense du remaniement, Édouard Philippe plaide publiquement pour le maintien de Castaner au gouvernement
© Montage le Lab via AFP

JDÇJDR - Que vont décider Emmanuel Macron et Édouard Philippe s'agissant de Christophe Castaner ? Officiellement, nul ne le sait. En ce mardi 21 novembre, le suspense est total autour du petit remaniement qui doit être annoncé dans l'après-midi. Mais le Premier ministre, silencieux jusque là, vient de dévoiler sa position sur l'épineux dossier de celui qui l'appelle "mon poulet".

Christophe Castaner est, depuis samedi 18 novembre, délégué général de La République en marche. Une troisième casquette pour l'homme qui est aussi secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement. Or, s'il a fait savoir qu'il ne souhaitait pas conserver cette dernière attribution, il veut en revanche garder son portefeuille ministériel. Ce qui impliquerait qu'il soit à la fois chef de parti (présidentiel, qui plus est) et chargé d'orchestrer les relations entre l'exécutif et le Parlement. 

Et les propos d'Édouard Philippe qui suivent indiquent clairement que le chef du gouvernement plaide en sa faveur. Cité par France Bleu Normandie, en marge des Assises de l'économie de la mer au Havre, le Premier ministre et chef de la majorité argumente en plusieurs points en faveur de cette double casquette :

D'abord, il n'y a aucune règle juridique qui l'interdise. Ensuite, ça s'est beaucoup fait. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur en 2006, était président du parti [l'UMP] dont j'étais membre. Mais la question la plus importante, c'est : est-ce que Christophe Castaner est capable d'être un bon ministre, présent dans la mission que je lui confie au sein du gouvernement, et par ailleurs d'exercer un engagement politique qui est consubstantiel à la vie politique ? Moi, je pense qu'il est tout à fait capable d'exercer ces deux fonctions.



[...] Selon la Constitution, je propose au président de la République qui décide. [...] Vous verrez le moment venu la décision qui sera prise.

Argument juridico-historico-technique + rappel de son pouvoir de "proposition" des nominations ministérielles, le tout dans la presse alors que les spéculations en tout genre sur le remaniement vont bon train... voilà qui ressemble fort à un plaidoyer. On ignore où en sont les réflexions d'Emmanuel Macron à ce sujet ou ses discussions avec Édouard Philippe, mais gageons que ces déclarations de son Premier ministre n'échapperont pas au Président. Et désormais, une décision inverse de ce dernier pourrait difficilement ne pas être vue comme un désaveu de son bras droit...

Au-delà de la faisabilité pratique de la chose et des compétences des uns et des autres, on sait qu'Édouard Philippe et Christophe Castaner s'apprécient beaucoup humainement. Ils ne se connaissaient pas personnellement avant de faire partie du même gouvernement, mais ont rapidement accroché l'un avec l'autre. "Ils sont même devenus assez proches. C'est le même type de bonhomme : ils ne se prennent pas tellement au sérieux, ils sont drôles, cool. Entre eux, c'est fluide", disait ainsi un conseiller du Premier ministre fin septembre. Plus récemment, le porte-parole du gouvernement lui-même disait : "Je suis juste un ordinateur qui a le logiciel Macron et l’application Philippe."



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