En pleine opération apaisement de l’exécutif, Bruno Le Roux qualifie le viol présumé de Théo de "tragique accident"

Publié à 16h13, le 14 février 2017 , Modifié à 17h59, le 14 février 2017

En pleine opération apaisement de l’exécutif, Bruno Le Roux qualifie le viol présumé de Théo de "tragique accident"
Bruno Le Roux © AFP

François Hollande s’est rendu ce mardi 14 février à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour tenter d’éviter l’embrasement en banlieue parisienne, deux semaines après le viol présumé de Théo par un policier lors d’une interpellation à Aulnay-sous-Bois. "On ne peut pas accepter, à cause d'un drame que j'ai moi-même dénoncé, qu'il y ait de la casse", a asséné le chef de l’État, à l’issue d’une nouvelle nuit de violences qui a débouché sur au moins 25 interpellations. Le Président s'est rendu la semaine dernière au chevet de Théo.

Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, Éric Ciotti (LR) a demandé au gouvernement d’interdire toute manifestation contre les policiers. Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux lui a répondu en condamnant les violences et en commençant par qualifier le viol présumé dont a été victime le jeune homme de 22 ans de "tragique accident" :

 

Vous parlez de la situation qui a été générée par l’accident, le tragique accident dont a été victime le jeune Théo. je voudrais d’abord, en appelant à la sérénité et au calme, dire et rappeler que la justice est saisie et que rien ne peut justifier la moindre exaction aujourd’hui dans nos quartiers, que la justice passera, le président de la République l’a réaffirmé. Par-là même, ceux qui mènent aujourd’hui des campagnes de pillages, des campagnes pour brûler des poubelles, des campagnes pour attaquer des commissariats, des campagnes pour dégrader les biens, seront punis, seront sanctionnés et sont d’ores et déjà arrêtés parce que rien ne peut justifier leur comportement.

Pas sûr que cette reprise de la sémantique de l’IGPN contribue à l’apaisement des banlieues. Bruno Le Roux choisit, comme le Front national, de reprendre le terme d’"accident" avancé dans un rapport de la police des polices. Mais la justice n’a pas encore rendu sa décision.

Le ministre de l’Intérieur s’est par ailleurs démarqué par sa particulière lenteur à réagir à l’interpellation puis aux violences qui sévissent depuis deux semaines. Après le viol présumé du 2 février, Bruno Le Roux a rédigé un bref communiqué le 5, avant de détailler sa réaction lors des questions au gouvernement du 7. Après les violences survenues dans la nuit de samedi 11 au dimanche 12, le locataire de la place Beauvau a par ailleurs attendu la fin de matinée du lundi 13 pour se fendre d’un tweet.

Ajoutons que le ministre de l’Intérieur a saisi mardi l'IGPN après de nouvelles accusations de violences visant un des policiers mis en examen pour l'interpellation brutale de Théo. Dans un témoignage recueilli par L'Obs, Mohamed K., un ami du jeune homme de 22 ans, raconte avoir été passé à tabac une semaine avant ce dernier à Aulnay-sous-Bois également, par des policiers dont l'un a participé au viol présumé de Théo.

[EDIT 18h]

Dans un tweet, Bruno Le Roux a assuré que le terme "accident" était "inapproprié" :

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