Etude de cas : Fleur Pellerin et la boule puante de Noël

Publié à 21h01, le 28 décembre 2012 , Modifié à 21h02, le 28 décembre 2012

Etude de cas : Fleur Pellerin et la boule puante de Noël
Fleur Pellerin, le 20 décembre 2012. (MaxPPP)

E-REPUTATION MON AMOUR - La ministre déléguée au numérique, accusée sur plusieurs réseaux sociaux, via des comptes anonymes et clairement marqués à droite, de cumuler son job de ministre et un poste d’administrateur de la chaîne Public Sénat, surveille sa réputation en ligne comme le lait sur le feu. Le Lab retrace l’accusation et la réponse choisie.

Tout part de la capture d'écran d'une fiche non réactualisée de la composition du conseil d'administration de la chaîne Public Sénat publiée sur le site societe.com, site proposant la consultation gratuite d’informations relatives aux entreprises.

Une capture d'écran de la fiche, légendée très subjectivement et publiée mercredi 26 décembre sur une page Facebook baptisée "François Hollande l'imposteur, moi président de la gauche Falcon". Puis sur un fil Twitter associé.

Une image ensuite reprise sur Twitter par @VictoriaDpre, une sympathisante UMP et retweetée près de trente fois. Notamment par le très actif compte de @MdameMichu, suivi par plus de 11.000 personnes.

Huit minutes plus tard, @antoine_leveque, un autre militant UMP prend le relais, retweeté quarante fois :

Une fausse info... 

Une recherche de dix secondes dans Google permet pourtant de constater que Fleur Pellerin ne figure plus dans la composition du Conseil d'Administration disponible sur le site de Public Sénat

Et sa biographie numérique, sur le portail du gouvernement, précise en toutes lettres, "ancienne membre du conseil d'administration de la chaîne Public Sénat".

... que la ministre dément sur Twitter

Interpellée sur Twitter, la ministre répond, en début de soirée, mercredi 26 décembre:

@bianchijphilipp @dominiquelunel @hslazeiches j'ai démissionné du CA de public sénat le jour de ma nomination au gouvernement (1/2)

— Fleur Pellerin (@fleurpellerin) December 26, 2012

Un tweet de mise au point,  suivi quelques secondes plus tard d'un autre, ponctué d'un smiley clin d'œil, dans lequel Fleur Pellerin précise "Et ces fonctions étaient bénévoles. Autre chose ?"

Sollicité par le Lab, le cabinet de Fleur Pellerin raconte effectivement que les accusations initiales ont agacé la ministre du numérique… et se montre très agacé que les tweets de démenti ne suffisent pas à stopper la diffusion de l’info.

A tel point que, pour tenter de tordre définitivement le cou à la fausse information, le cabinet de Fleur Pellerin nous transmet … une copie de la lettre de démission du conseil d’administration de la chaine parlementaire, adressée à son président, Gilles Leclerc.

Ainsi que son accusé de réception :

Espérant tordre définitivement le cou aux accusations, voire une diffusion de l’information de la lettre de démission clairement supérieure aux accusations.

De son côté, la page facebook à l’origine de la première accusation a manifestement décidé de passer à la loupe les activités en entreprise de tous les membres du gouvernement : ce même mercredi 26 décembre, c’est Cécile Duflot qui se retrouvait reprocher sa présence au capital de la SCI propriétaire de l’immeuble des Verts.

Le Lab surveillera évidemment la suite !

Antoine Bayet et Paul Larrouturou

Du rab sur le Lab

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