"Farid Fillon" : Marine Le Pen invoque elle aussi "la liberté d'expression"

Publié à 09h11, le 03 janvier 2017 , Modifié à 09h43, le 03 janvier 2017

"Farid Fillon" : Marine Le Pen invoque elle aussi "la liberté d'expression"
Marine Le Pen le 3 janvier 2017 © Capture d'écran BFMTV

C'est un phénomène qui divise les principaux cadres du FN : d'un côté, le numéro 2 du parti Florian Philippot et le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline ; de l'autre, un autre vice-président du parti, Louis Aliot (par ailleurs compagnon de la candidate à la présidentielle) et l'un des principaux élus affiliés au Front national, le député (RBM) Gilbert Collard. En cause, les attaques visant François Fillon renommé "Farid Fillon" pour l'accuser de complaisance vis-à-vis de l'islam et du "communautarisme". Les premiers jugent que cela relève de "la liberté d'expression", les seconds dénoncent au contraire des "anathèmes minables" et un procédé "pas convenable". Et Marine Le Pen donne son avis sur le sujet, mardi 3 janvier : elle non plus ne dénonce pas clairement ces attaques et invoque la liberté d'expression.

Sur BFMTV en ce tout début 2017, la présidente du parti d'extrême droite sort d'une longue diète médiatique et lance encore un peu plus sa campagne présidentielle. Interrogée sur l'affaire "Farid Fillon", elle enfile ses habits d'avocate de formation et explique :

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Bah écoutez c'est simple, le droit français est clair, vous parlez à une avocate en droit de la presse qui a plaidé longtemps devant les tribunaux. Tout ce qui n'est pas une injure ,une diffamation, une provocation à la haine, est de la liberté d'expression. C'est pas pour moi, c'est pour le droit français.

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"C'est très désagréable, je le conçois, ça ne vient pas de chez nous bien entendu", ajoute-t-elle. Une manière de prendre ses distances avec ces méthodes, sans pour autant les condamner

Depuis sa victoire à la primaire de la droite, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est la cible d'une partie de l'extrême droite. Dès fin novembre, certains ont déterré des archives pour dénoncer le supposé communautarisme de François Fillon, là en publiant une photo de l'ancien chef du gouvernement inaugurant une mosquée, en 2010, au côté d'une fille voilée, là en diffusant des intoxs sur François Fillon et les minarets en France. Et puis il y a "Farid Fillon" ou comment certains à l'extrême droite veulent accuser François Fillon de soutenir le fondamentalisme islamiste en modifiant son prénom par un autre d'origine arabe. Le coup avait déjà été testé - avec *succès* - avec "Ali Juppé".

Fin décembre, le député LR Benoist Apparu, ancien juppéiste devenu porte-parole de François Fillon pour la présidentielle, dénonçait à ce sujet une "campagne politique orchestrée par l’extrême droite et par le FN". Ce dernier s'en défend donc, tout en ne s'opposant pas frontalement à la chose et, au contraire, en fournissant toute une série d'arguments pour nourrir cet angle d'attaque.

À l'époque de la primaire à droite, François Fillon n'avait pas pris la défense d'un Alain Juppé accusé dans les mêmes termes. Le maire de Bordeaux lui en avait d'ailleurs fait le reproche durant le débat d'entre-deux-tours, ce à quoi le futur vainqueur avait répondu que "chacun est grand et s'occupe de ses affaires". Et de lui reprocher à son tour de ne pas l'avoir soutenu lorsqu'il se faisait "traiter d'homophobe tous les matins".

Marine Le Pen s'engouffre dans cette brèche ce 3 janvier, accusant - en prenant l'air de ne pas y toucher - François Fillon d'avoir initié la campagne "Ali Juppé", qui "l'avantageait" d'ailleurs. Elle sous-entend également que "Farid Fillon" pourrait être une réponse du camp Juppé. Elle dit :

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- Marine Le Pen : Je vous signale d'ailleurs que monsieur Fillon n'est pas beaucoup monté au créneau pour dénoncer 'Ali Juppé' quand ça l'avantageait pendant la primaire. Moi j'avoue que... à qui profite le crime, d'ailleurs ? 'Ali Juppé', ça venait de qui ?



- Jean-Jacques Bourdin : Ça venait de chez François Fillon ?



- Marine Le Pen : J'en sais rien, j'en sais rien. Je sais pas, je n'en sais rien. En tout cas ça ne profite pas ni à Marine Le Pen ni au Front national et donc c'est peut-être la réponse du berger à la bergère (rire).

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