Finalement, François Fillon assure qu’il n’a "pas commis d’erreurs" (après en avoir reconnu deux)

Publié à 23h48, le 04 avril 2017 , Modifié à 23h48, le 04 avril 2017

Finalement, François Fillon assure qu’il n’a "pas commis d’erreurs" (après en avoir reconnu deux)
François Fillon surpris de sa propre contradiction. © Gif via CNEWS

Jusqu’ici, la communication de crise de François Fillon suivait la logique suivante :

1/ Un scandale est révélé

2/ François Fillon ne voit pas où est le problème et lance : "Et alors ?"

3/ François Fillon reconnaît une "erreur"

Ce mardi 4 avril, lors du débat présidentiel entre les onze candidats, le représentant de LR a finalement expliqué qu’il n’avait jamais reconnu d’"erreurs" en réponse à une question sur l’exemplarité en politique :

 

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- Journaliste : Vous avez été mis en examen. Vous bénéficiez de la présomption d’innocence. Vous avez reconnu qu’employer des membres de votre famille et recevoir des cadeaux étaient des erreurs. Comment vous garantissez ce soir aux Français que serez un Président exemplaire et que vous ne commettrez pas de nouvelles erreurs ?



- François Fillon : D’abord, c’est pas tout à fait exact. Des centaines de parlementaires ont employé des membres de leur famille, il y en a d’ailleurs encore beaucoup qui en emploient. J’ai dit simplement qu’il y a trois ans j’avais estimé qu’il était nécessaire d’arrêter cette pratique. Pour ma part, je suis prêt aujourd’hui à envisager qu’elle soit interdite. [...] Non seulement je n’ai pas commis d’erreurs, et je refuse de répondre à toute question sur ce sujet, surtout de la part des journalistes qui pendant deux mois et demi ont fait mon procès.

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Il ne faut pourtant pas fouiller très longtemps dans la boîte à archives pour en retrouver quelques-unes qui viennent largement contredire la version avancée par François Fillon.

"C’était une erreur, je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français", avait déclaré le député de Paris le 6 février à propos de l’emploi de son épouse et ses enfants comme assistants parlementaires, "une pratique désormais rejetée par les Français".

Après avoir accepté des costumes de luxe, d’une valeur totale de 13.000 euros et offerts par l’homme de la Françafrique Robert Bourgi, François Fillon avait assuré le 23 mars les avoir "rendus" et reconnu également "une erreur de jugement".

Mais peut-être faut-il désormais s’attendre à ce que François Fillon évoque, lors d’une prochaine intervention médiatique, une erreur, celle d’avoir nié des erreurs.

Du rab sur le Lab

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