François Bayrou sûr de ses chances pour 2017 : "Je suis l’un des quatre qui peuvent gagner"

Publié à 12h29, le 15 juillet 2015 , Modifié à 18h52, le 15 juillet 2015

François Bayrou sûr de ses chances pour 2017 : "Je suis l’un des quatre qui peuvent gagner"
© FRED TANNEAU / AFP

LES QUATRE FANTASTIQUES - C'est entendu, François Bayrou n'a "pas peur" de Nicolas Sarkozy. Et s'il jure que le président de Les Républicains est "obsédé" par lui, il semblerait bien que sa propre fixette sur l'ancien chef de l'État soit l'une des raisons majeures de son éventuelle candidature en 2017. Dans un entretien à Valeurs Actuelles à paraître jeudi 16 juillet, le président du MoDem s'étend longuement sur la prochaine échéance présidentielle. Et sur Nicolas Sarkozy. 

"Si je considère que c’est mon devoir, je ne me déroberai pas." Oui oui, c'est bien François Bayrou évoquant 2017, et non Nicolas Sarkozy envisageant son retour pour la reconquête de ce qui était encore l'UMP. Pourtant, il y a un an, le même ne tenait pas du tout le même discours.

Le maire de Pau est désormais prêt à la bataille "morale" et des "valeurs" contre celui qui, d'après plusieurs échos de presse ces derniers mois, tient des propos #plutôtsympa sur son compte. Notamment parce que "Sarkozy ne respecte pas le magistère qui devrait être le sien. Il porte atteinte à des choses que je considère comme trop précieuses."

Alors bien sûr, Nicolas Sarkozy n'est pas le seul à se dresser sur la route d'une campagne présidentielle enfin victorieuse de François Bayrou. Mais qui que soit son potentiel adversaire au second tour, le cinquième homme de 2012 y croit. Il explique à Valeurs Actuelles :

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Hollande, Marine Le Pen ou Sarkozy : dans les trois cas, au second tour, c’est jouable. Je suis l’un des quatre qui peuvent gagner.

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Bon, pour cela, il faudra déjà passer le premier. Ce qu'il semble prêt à tenter pour la quatrième fois, après 2002, 2007 et 2012. Ce qui le rapprocherait du panthéon en la matière, où trône fièrement Arlette Laguiller, du haut de ses six candidatures.

Mais pour l'instant, il le dit sur tous les tons, son champion se nomme Alain Juppé. "Je serais sincèrement ravi que Juppé soit élu", répète-t-il à Valeurs Actuelles avant de questionner un peu cruellement : "Le peut-il ?" On a déjà vu plus grosse conviction. Mais rassurez-vous : si le maire de Bordeaux ne remporte pas la primaire de la droite et du centre en 2016, ce soutien n'aura pas été vain. Le leader centriste confesse sans détour :

 

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Si Juppé perd, des millions de gens m’auront vu différemment. Mon soutien me permet de me réconcilier avec l’électorat de droite. Ils comprennent que j’étais en avance sur mon temps.

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Sa confiance en lui-même est donc intacte, à la différence de celle qu'il a en son poulain Républicain centro-compatible. Le centre, d'ailleurs, reste sa voie, son chemin vers l'Élysée. Malgré ses échecs passés, comme il le reconnaît lui-même sans se ménager :

 

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Je n’ai pas réussi à rendre possible la posture stratégique ni droite-ni gauche, qui est apparue comme une ambiguïté. [...] Nul n’est plus que moi expert dans l’impuissance du centre. Le péché originel du centre, c’est son absence de caractère. Suis-je différent de ma 'tribu' ? Très. Mais sans moi, ma tribu serait morte.

"

Aujourd'hui, l'ancien ministre de l'Éducation nationale veut croire que "le courant centriste peut représenter un quart de [la] majorité [parlementaire]". Il glisse : "Il faut le faire renaître". Dès 2017 ?



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