François Fillon dévoile au Figaro un SMS d'Emmanuel Macron censé montrer son inconstance

Publié à 07h13, le 10 avril 2017 , Modifié à 19h38, le 10 avril 2017

François Fillon dévoile au Figaro un SMS d'Emmanuel Macron censé montrer son inconstance
François Fillon © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

François Fillon veut y croire. Lui candidat, il pourra accéder au second tour de la présidentielle. L'avance dans les sondages de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron et la dynamique Jean-Luc Mélenchon ne l'effrayent pas : l'ancien Premier ministre, tel Sergi Roberto à la 94e minute d'un huitième de finale de Ligue des Champions, veut croire à l'improbable Remontada

Mais François Fillon sait que l'incantation ne suffira pas. S'il veut passer le premier tour, l'ancien Premier ministre doit attaquer. Et c'est exactement ce qu'il fait, visant particulièrement Emmanuel Macron, parfaitement relayé dans son opération par Le Figaro de ce lundi 10 avril.

Dans un papier consacré aux "confidences d'avant-meeting du candidat de la droite", on découvre un François Fillon besogneux et surtout prévoyant, capable de ressortir et de montrer aux journalistes un SMS d'Emmanuel Macron qu'il espère encombrant. Voici comment le retranscrit le quotidien de droite :

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Au moment de la déchéance de nationalité, ils ont échangé des SMS. Fillon lui écrit : 'Une nouvelle fois, vous venez sur mes positions. Jusqu'où irez-vous ?' 'J'y suis déjà', répond Macron.

 

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Pour François Fillon, ce SMS est la preuve qu'Emmanuel Macron est inconstant. Un dossier lourd ? Sur la question de la déchéance de nationalité, voire plus largement de la réponse à apporter aux attentats du 13 novembre, celui qui était alors ministre de l'Économie a été quelque peu virevoltant. Mais sa position finale aura été à contre-courant de celle du gouvernement.

Lundi, Emmanuel Macron a nié avoir échangé de la sorte avec François Fillon. Il a lancé :

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Il a un problème avec la vérité : je n'ai jamais échangé de SMS avec lui sur la déchéance de nationalité. 

 

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Le 21 novembre 2015, Emmanuel Macron avait été l'un des premiers à évoquer la "part de responsabilité" de la société française dans le "terreau" sur lequel le djihadisme avait pu prospérer. Une déclaration qui avait quelque peu énervé Manuel Valls... 

Début janvier, le chef de Bercy avait tempéré auprès du Monde, expliquant que selon lui, la déchéance de nationalité était "une mesure symboliquement importante : elle donne un sens à ce que c'est que d'appartenir à la communauté nationale". Puis, fin janvier 2016, on l'entendait à nouveau émettre des doutes. "Faites attention au sentiment que cela peut créer chez les binationaux", lançait-il sur BFMTV. Avant cette sortie du 10 février, alors que la déchéance était discutée à l'Assemblée nationale : "J'ai, à titre personnel, un inconfort philosophique avec la place qu'a pris ce débat parce que je pense qu'on ne traite pas le mal en l'expulsant de la communauté nationale", avait-il lancé, comme l'avait rapporté à l'époque Le Figaro. Quelque mois plus tard, Emmanuel Macron avait même fait de cette question l'une des raisons expliquant son départ du gouvernement...

François Fillon, de son côté, avait mené la fronde contre la déchéance de nationalité, non pas pour son principe mais pour la volonté du gouvernement de modifier la Constitution. Après être resté relativement discret sur le sujet, l'ancien Premier ministre était sorti de bois début 2016. Dans une tribune publiée en février 2016 dans le JDD, François Fillon annonçait sa volonté de voter contre cette réforme, dénonçant un "rafistolage constitutionnel". "Nos adversaires sont en train d'atteindre l'un de leurs objectifs, celui de discréditer nos institutions", estimait-il.

Cette position était aussi une manière habile pour François Fillon de déstabiliser Nicolas Sarkozy, ainsi que l'avait noté Marianne. Le président de LR d'alors soutenait l'exécutif sur ce dossier. S'opposer au projet de loi, c'était donc aussi combattre indirectement Nicolas Sarkozy, futur adversaire de François Fillon à la primaire de la droite...

À noter que François Fillon, candidat à la présidentielle, est favorable à la déchéance de nationalité. Comme quoi, l'inconstance...

 

[EDIT 7h38] 

La journaliste de RTL Pauline de Saint-Remy précise que l'anecdote du SMS avait déjà été racontée en octobre dernier mais de manière différente. Ce n'était pas un SMS mais un papier glissé à l'Assemblée nationale par François Fillon à Emmanuel Macron qui était évoqué à l'époque. "Bienvenue chez nous !" avait écrit l'ancien Premier ministre après avoir entendu le ministre de l'Économie s'exprimer. "Mais j'y suis déjà", avait répondu, toujours par écrit, Emmanuel Macron... Preuve que François Fillon aime parler de cette histoire. 

 

[EDIT 12h23] Ajout réponse d'Emmanuel Macron



[EDIT 19h34]

Le Figaro publie ce lundi soir l'échange entre Emmanuel Macron et François Fillon. Il s'agit en fait d'une note écrite en février 2016, suppose le quotidien.

Crédit : Le Figaro.

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