François Goulard (LR) estime que la justice ne devrait pas intervenir dans le "Penelope Gate" au nom de la "séparation des pouvoirs"

Publié à 17h10, le 31 janvier 2017 , Modifié à 17h10, le 31 janvier 2017

François Goulard (LR) estime que la justice ne devrait pas intervenir dans le "Penelope Gate" au nom de la "séparation des pouvoirs"
François Goulard (LR) © FRED TANNEAU / AFP

La justice a été saisie dans l’affaire de l’emploi présumé fictif de Penelope Fillon en tant qu’assistante parlementaire de son époux François, candidat LR à la présidentielle. Le couple a été entendu, séparément et à sa demande, lundi 30 janvier, à Versailles dans les locaux du Groupe d'intervention régional (GIR) par les policiers de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF). Des enquêteurs étaient mardi à la mi-journée dans l'enceinte de l'Assemblée nationale pour se faire remettre des documents.

Tout cela scandalise proprement François Goulard. Dans un post Facebook publié dans la nuit de lundi à mardi, le Président LR du Conseil départemental du Morbihan estime que l’enquête vise à "affaiblir" la candidature de son champion. Il écrit :

 

Ce n'est pas la première fois, mais cette intrusion de la justice dans le domaine politique pose un véritable problème institutionnel.



La séparation des pouvoirs ne devrait pas être un vain mot.



Or les juges aujourd'hui s'arrogent le droit de faire ou de défaire un Président de la République. Oui, c'est bien le cas ! Que le parquet financier prononce rapidement un non lieu, comme le respect du droit le lui impose, et l'affaire est à tout point de vue classée. Qu'au contraire, le parquet distille des informations au fil des semaines entretenant le doute, et la candidature de François Fillon est évidemment affaiblie. Pire, que le parquet décide qu'un juge d'instruction sera saisi, que celui-ci, par hypothèse politisé, prononce contre toute vérité une mise en examen, et c'en est fait de la candidature de François Fillon.



Si notre candidat avait tué père et mère, l'intervention de la justice ne souffrirait aucune critique. Mais il s'agit, pour l'essentiel, de l'utilisation des crédits que l'Assemblée nationale met à disposition des députés pour rémunérer des collaborateurs. Juger de l'effectivité de leur travail doit-elle être soumise à l'appréciation des juges ? Il est permis d'en douter, au regard de ce principe essentiel qu'est la séparation des pouvoirs. D'ailleurs, et il est important de le noter, la Cour des comptes ne considère pas que ces dépenses relèvent de sa juridiction.



Certains peuvent être tentés de penser que la magistrature est d'autant plus encline à sortir de son rôle qu'elle est incapable de remplir la mission que lui assigne la société, notamment sur le plan pénal. Je ne vais pas jusque là. Je connais beaucoup de juges intègres.



Mais il est vrai que certains magistrats, en particulier les représentants du syndicat de la magistrature, ont un comportement et tiennent des propos qui font douter de l'existence chez eux de la moindre éthique professionnelle.

 

Pour plus de lisibilité, nous avons corrigé les fautes d’orthographe et de typographie.

Résumons donc tout cela : l’élu Les Républicains trouverait parfaitement normal que la justice "intervienne" si François Fillon "avait tué père et mère". En revanche, François Goulard "doute" qu’il soit nécessaire que les juges se prononcent sur "l'utilisation des crédits que l'Assemblée nationale met à disposition des députés pour rémunérer des collaborateurs". D’autant que, selon lui, le juge d’instruction potentiellement saisi sera "par hypothèse politisé". Une éventuelle mise en examen serait d’ailleurs décidée "contre toute vérité", selon François Goulard, et conduirait, comme l’a prévenu François Fillon, au retrait de son champion. Finalement, la meilleure défense semble être l'attaque, envers les juges qui seraient presque tous politisés et sans éthique.

D’aucuns pourront finalement s’étonner que François Goulard considère que cette instruction judiciaire contrevient, selon lui, au principe de séparation des pouvoirs. Le même homme politique, donc, qui se mêle d’une affaire judiciaire. ¯\_(ツ)_/¯

Du rab sur le Lab

PlusPlus