François Hollande est l'un des pires pronostiqueurs de l'histoire de la politique française

Publié à 10h17, le 23 janvier 2017 , Modifié à 13h12, le 23 janvier 2017

François Hollande est l'un des pires pronostiqueurs de l'histoire de la politique française
François Hollande © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Benoît Hamon a remporté, dimanche 22 janvier, le premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, devançant assez largement l'ancien Premier ministre Manuel Valls et l'ex-ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Une victoire que n'avait probablement pas vu venir… François Hollande, tout comme il n'avait pas su anticiper la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, en novembre 2016.

C'est désormais officiel : l'actuel Président est le plus mauvais pronostiqueur de l'histoire de la politique française encore en activité, un certain Paco R. ayant décidé de se retirer du game en 1999 après avoir survécu à une éclipse.

Comme l'a noté le journaliste Vincent Glad, François Hollande n'a en effet pas su anticiper l'émergence de nouvelles personnalités en vue de l'élection présidentielle de 2017. C'est en tout cas ce qu'il ressort de ses entretiens avec les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet, publiés dans le fameux livre Un Président ne devrait pas dire ça… (éd. Stock).

Voici par exemple ce que disait François Hollande à propos de Benoît Hamon en mars 2015 :

Mais aujourd'hui, Hamon, il abandonne le PS, il est quoi ? Pas grand-chose.

 

Et voilà : 1-0 pour les mauvais pronos même si Benoît Hamon n'a pas quitté le PS, évidemment. Le constat est sensiblement identique lorsqu'on regarde avec recul les prédictions de François Hollande concernant François Fillon, l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy bénéficiant d'un grand dédain présidentiel :

Le Maire, c'est Montebourg [une manière de fortement surestimer Bruno Le Maire, NDLR].  Il se vendra le moment venu. Plus à mon avis à Juppé qu'à Sarkozy. Fillon n'a aucune chance. Non pas parce qu'il n'a pas de qualités, il en a sans doute ; ni un mauvais programme, il a le programme le plus explicite ; non pas parce qu'il n'a pas de densité personnelle... Mais son rôle est tenu par Juppé.

 

Bon… OK, François Hollande n'est sans doute pas le meilleur pronostiqueur en matière de primaire, que celle-ci se déroule à droite ou à gauche. Mais on peut raisonnablement penser qu'il parvient à déceler les personnalités susceptibles d'exploser, lui qui pendant si longtemps a été dénigré. Eh bien non. Voici ce qu'il disait, toujours cité dans Un président ne devrait pas dire ça..., à propos d'Emmanuel Macron :

 

Emmanuel Macron est un être qui n'est pas duplice, dans le sens où il utiliserait son ministère pour jouer une participation personnelle. Ce n'est pas non plus un être qui fonctionne dans la provocation. Mais il ne connaît pas les codes de la vie médiatique et politique.

Vu le succès de la campagne présidentielle du candidat de En marche !, on peut sans doute estimer que François Hollande s'est, sur ce sujet aussi, quelque peu planté. Il suffit, pour s'en persuader, d'observer la communication très huilée de l'ancien ministre de l'Économie, qui remplit les salles, annonce régulièrement des soutiens et perturbe allègrement l'agenda de ses adversaires politiques

Notons que la nullité du chef de l'État en matière de pronostics ne saurait se limiter à la politique française. En octobre 2016, lors d'un discours à l'École des Mines à Paris, le Président avait prédit l'élection d'Hillary Clinton à la Maison-Blanche. "Il est très important aussi que nous puissions expliquer cette réalité toute simple : il y a des élections qui vont se produire aux Etats-Unis : une présidente va être élue", avait-il déclaré. Une prédiction couronnée d'un certain succès : celui de la lose. 

Du rab sur le Lab

PlusPlus