Harcèlement sexuel : l'appel et les témoignages de 17 anciennes ministres

Publié à 09h41, le 15 mai 2016 , Modifié à 09h41, le 15 mai 2016

Harcèlement sexuel : l'appel et les témoignages de 17 anciennes ministres
Roselyne Bachelot, Rama Yade, Cécile Duflot, Chantal Jouanno, Aurélie Filippetti, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Fleur Pellerin et Valérie Pécresse. © Montage Le Lab via AFP

17 anciennes ministres ont choisi de ne plus se taire. Dans un appel publié dans Le Journal du Dimanche ce 15 mai, les signataires, dont Roselyne Bachelot, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti et Nathalie Kosciusko-Morizet, annoncent qu'elles dénonceront désormais "systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés", après les accusations de harcèlement visant le député écologiste Denis Baupin.

 

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Comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme. Ce n'est pas aux femmes à s'adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer. [...]



 

Cela suffit. L'immunité, c'est fini. Nous ne nous tairons plus. Nous dénoncerons systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés. Nous encourageons toutes les victimes de harcèlement sexuel et d'agressions sexuelles à parler et à porter plainte.

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Elles poursuivent :

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Nous demandons à nos partis et à nos groupes politiques de vérifier si de tels actes ont été commis et, si tel a été le cas, d'aider les victimes à faire éclater la vérité.

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Les signataires estiment que "l'arsenal judiciaire existe mais les lois ne sont pas suffisamment appliquées", et suggèrent plusieurs pistes comme l'"allongement des délais de prescription en matière d'agression sexuelle , la possibilité pour les associations compétentes de porter plainte en lieu et place des victimes , la fin de la correctionnalisation des viols", ou bien encore l'"instruction donnée aux parquets de poursuivre systématiquement en cas de harcèlement".

L'appel est signé par Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Elisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Marylise Lebranchu, Corinne Lepage, Monique Pelletier, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Yvette Roudy, Catherine Trautmann, Dominique Voynet, Rama Yade.

En complément de la tribune, Le JDD relate aussi de multiples anecdotes illustrant le sexisme vécu par les femmes en politique : mains baladeuses, blagues ultra-graveleuses…

"Tu connais la différence entre une minute de sodomie et une minute de fellation ?" a demandé le député Bernard Roman à Marisol Touraine à la buvette de l’Assemblée, il y a 20 ans. "Tu as deux minutes ?", poursuit-il. Le député reçoit alors un verre d’eau à la figure. Conséquence ? L’actuelle ministre de la Santé hérite d’une réputation de frigide.

Cécile Duflot se souvient, elle, d’une question d’un "poids lourd des gouvernements de François Hollande" à propos d’une députée : "A part ses seins magnifiques, elle est comment ?"

Une ancienne ministre de Nicolas Sarkozy raconte encore qu’un collègue lui demandait si elle portait "des culottes ou des strings".

Rama Yade, ex-ministre de Nicolas Sarkozy et candidate à la présidentielle, explique qu’il y a "des gens qui vous tripotent, qui vous mettent deux mains autour de la taille et vous serrent."

Autant de témoignages qui contredisent *légèrement* la porte-parole de LR Valérie Debord qui assurait au Monde,pas plus tard que la veille de cette tribune, que le sexisme n’existait pas dans son parti.

Du rab sur le Lab

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