Hervé Morin démissionne de son mandat de député, sans provoquer d'élection partielle (c'est fait exprès)

Publié à 18h05, le 20 juillet 2016 , Modifié à 18h23, le 20 juillet 2016

Hervé Morin démissionne de son mandat de député, sans provoquer d'élection partielle (c'est fait exprès)
Hervé Morin © AFP
Image Etienne Girard

Etienne Girard

FINALEMENT, JE DÉMISSIONNE - Après plus de six mois, il a fini par le faire. Ce mercredi 20 juillet, Hervé Morin (UDI) annonce à Paris-Normandie sa démission de son mandat de député. Une décision qui prendra effet ce soir, à minuit. Celui qui avait déjà démissionné au printemps de ses fonctions de maire d'Épaignes, dans l'Eure, se met ainsi en conformité avec ses engagements de campagne. Ce que le futur ex-parlementaire ne s'est pas privé de rappeler au quotidien régional :

 

Comme je m’y suis toujours engagé, j’annonce aujourd’hui ma démission de mon mandat de député de la 3ème circonscription de l’Eure que j’occupe depuis 1998. Cette démission, qui intervient quelques semaines après celle de mon mandat de Maire d’Epaignes, est le respect d’un engagement fort pris auprès des Normands : celui de me consacrer pleinement et entièrement à la construction de la nouvelle Normandie.

 

Avant les élections régionales de décembre 2015, au cours desquelles il a été élu président de la région Normandie, Hervé Morin a annoncé vouloir "se consacrer à 100% à la région". En janvier, il a réitéré cette promesse, en faisant plus précis. "Je démissionnerai en temps et en heure", avait-il affirmé sur LCP. Ce qui semblait signifier qu'il laisserait son siège avant juin, afin de permettre la tenue d'une élection partielle.

Ce qui n'a pas été le cas. En démissionnant seulement maintenant, Hervé Morin empêche la tenue d'une élection partielle pour reprendre son siège, puisque selon la loi, aucune élection législative ne peut avoir lieu à moins d'un an du renouvellement de l'Assemblée nationale. Le centriste a justifié à Paris-Normandie ce manque d'empressement par l’existence de "deux recours devant le Conseil d'État" contre sa liste, aujourd'hui rejetés.

En avril, il a expliqué au JDD avoir changé d'avis et ne plus vouloir permettre une élection législative partielle dans son fief de l'Eure, de peur que sa circonscription bascule à gauche ou au FN :

Je ne souhaitais pas provoquer une élection législative partielle. En effet, si j'avais démissionné en début d'année, j'aurais pris le risque, à travers un scrutin partiel, de faire entrer un nouvel élu FN ou de gauche à l'Assemblée nationale. Je pense que mon électorat peut comprendre mon cumul très provisoire des mandats.

Parmi les présidents de région-députés, Hervé Morin n'est pas le dernier à lâcher son siège. Si Xavier BertrandChristian Estrosi et Valérie Pécresse ont rapidement démissionné, permettant la tenue d'élections partielles victorieuses pour leur camp,  Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, s'accroche toujours à son poste de député. L'occasion pour lui de faire entendre sa voix à l'Assemblée, par exemple en polémiquant avec le Premier ministre, Manuel Valls, au sujet de l'État de droit.

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