Hervé Morin en a assez de "l'union nationale matin, midi et soir"

Publié à 11h19, le 29 juin 2015 , Modifié à 11h25, le 29 juin 2015

Hervé Morin en a assez de "l'union nationale matin, midi et soir"
Hervé Morin © EMMANUEL DUNAND / AFP

ENOUGH IS ENOUGH - Après les attentats de janvier, l'union nationale avait été respectée quelques temps. Malgré certains écarts ici ou là, cela avait duré à peu près deux semaines. Pas de cela en cette fin de mois de juin, après l'attentat en Isère. Les affrontements politiciens ont immédiatement surgi, quelques minutes seulement après l'attaque contre l'usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier. Et ce n'est pas pour déplaire à Hervé Morin.

Invité de Sud Radio lundi 29 juin, le député UDI de l'Eure commence par refuser "d'entrer dans cette polémique" qui consiste, comme l'ont fait des responsables de Les Républicains et du Front national, à accuser le gouvernement de ne pas agir suffisamment pour endiguer la menace terroriste. "Le gouvernement fait ce qu'il peut", juge le président du Nouveau Centre (composante de l'UDI), ajoutant que ce combat est "extrêmement difficile". Mais ne vous méprenez pas : Hervé Morin n'est pas dans une posture de circonstance dictée par la gravité de la situation. Car l'union nationale, il le dit comme il le pense, ça va bien cinq minutes :

 

On peut pas, au titre de... Le gouvernement, pendant trois mois, nous a servi l'union nationale matin, midi et soir. On ne peut pas non plus considérer qu'au nom de l'union nationale, on ne peut pas dire des choses. 

En l'occurence, celui qui est tête de liste UDI-LR-MoDem aux régionales en Normandie tient à "dire les choses" au sujet de la Tunisie, cible elle aussi d'un attentat particulièrement meurtrier et revendiqué par Daesh, vendredi 26 juin. Hervé Morin estime :

 

Quand par exemple Manuel Valls évoque la question de la Tunisie en disant que la France fait tout ce qu'il faut pour la Tunisie [voir ici, ndlr], c'est faux ! J'y étais encore il y a dix jours, j'ai rencontré un certain nombre de responsables gouvermentaux, nous ne sommes pas à la hauteur en Tunisie, nous Français et nous Européens. La Tunisie, c'est une chance unique de construire une nouvelle relation sur les deux rives de la Méditerranée. C'est un espoir que l'islam et la démocratie soient ensemble. Et on est incapables de répondre convenablement aux requêtes des Tunisiens.

S'il s'agit de critiquer le gouvernemrent, vous pouvez donc faire confiance à Hervé Morin. Il ne s'en privera pas (mais ça dépend des sujets).

[BONUS TRACK] Un plan Marshall pour la Tunisie.

Et le responsable centriste de détailler les mesures qu'il préconise pour la Tunisie, au premier rang desquelles figure ni plus ni moins qu'un "plan Marshall" :

Par exemple sur les hélicoptères : nos amis tunisiens nous ont demandé des hélicoptères, on est lamentables dans la réponse. On doit apporter beaucoup plus de coopération militaire, l'Europe c'est le premier continent en termes de développement. Eh bien en Tunisie on devrait faire un plan Marshall. On devrait faire en sorte que l'économie tunisienne, qui va s'effondrer, ne vive pas un cauchemar social qui l'amène à un cauchemar politique. 



[...] Bien sûr que c'est la priorité [par rapport à un "plan Marshall pour l'Afrique", ndlr]. Dans tout le Maghreb et dans tout le Machrek, il y a un seul pays qui a emprunté la voie de la démocratie, un seul pays dans lequel Ennahdha, c'est-à-dire le parti le plus islamiste, a su rendre les clefs du pouvoir. Tout ça devrait au contraire créer une obligation morale des Européens, pour les Tunisiens et pour nous-mêmes. [...] Il suffirait d'effacer une partie de la dette tunisienne et de favoriser le redressement de l'économie tunisienne.

Du rab sur le Lab

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