Ces politiques scandalisés par l'absence de Hollande aux commémorations du 9 mai en Russie

Publié à 12h12, le 09 mai 2015 , Modifié à 16h52, le 09 mai 2015

Ces politiques scandalisés par l'absence de Hollande aux commémorations du 9 mai en Russie
© Montage via AFP

SHAME ON YOU - L'Europe et les États-Unis célébraient, vendredi 8 mai, le 70ème anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie. En Russie, c'est ce 9 mai que l'on commémore la victoire et la "grande guerre patriotique", à grands renforts de parade militaire et d'euphorie populaire. 68 chefs d'État étrangers étaient invités, mais seulement une vingtaine ont répondu à l'appel. François Hollande, notamment, n'a pas honoré l'invitation, occupé qu'il est à faire campagne à coups de bisous dans les Caraïbes (et désireux de montrer sa désapprobation quant à la situation en Ukraine). Ce qui choque profondément un certain nombre de politiques de tous bords.

Et notamment Jean-Luc Mélenchon. L'ancien co-président du Parti de Gauche voit dans cette absence (la France est tout de même représentée par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius) une "honte" et "un affront diplomatique et historique". Sur son blog vendredi 8 mai et sur Twitter ce 9 mai, l'eurodéputé fait part de son indignation.

Jean-Luc Mélenchon, dont la russophilie fait régulièrement polémique, rappelle d'abord que ce jour de commémoration n'est férié "qu'en France… et en Russie". Il considère donc qu'il s'agit là d'"un trait d'union qui distingue la France et la Russie dans leur rapport à la mémoire de l'Europe". "C'est pour cela que François Hollande aurait dû accepter l'invitation de la Russie", écrit-il, avant d'attaquer de front :

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L'absence de Hollande est un affront diplomatique autant qu'historique. J’appelle cela par son nom : c’est une honte.Je souffre pour mon pays qui donne à voir un visage insupportable de sectarisme. Victor Hugo s’adressant aux Mexicains qui lui avaient écrit pour protester contre l’invasion de leur pays par les troupes françaises de Napoléon III leur répondit : 'Ce n’est pas la France qui vous fait la guerre, c’est l’Empire'. Je dis à mes amis Russes : 'Ce n’est pas la France qui vous traite de cette façon, c’est l’amicale des anciens de la 'French American Fondation' qui dirige notre gouvernement'.

 

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L'ancien candidat à la présidentielle de 2012, pour qui "la commémoration du 9 mai n'est pas qu'une affaire russe", rappelle que les soviétiques ont payé le plus lourd tribut en termes de vies humaines durant la guerre, avec 27 millions de morts, et qu'ils "ont libéré 16 pays occupés par les nazis, près de la moitié du territoire actuel de l'Europe à 27". Cette "faute" est donc à son sens "d'autant plus incompréhensible que Vladimir Poutine avait assisté aux commémorations du 70ème anniversaire du débarquement en Normandie en 2014, à l'invitation du même Hollande." Qu'il accuse d'avoir "la mémoire courte". 

Et en guise de mémoire, Jean-Luc Mélenchon conclut par une référence à François Mitterrand, auquel il voue une admiration certaine :

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Sait-il que lors de la précédente grande commémoration, pour le 50eme anniversaire, le 9 mai 1995, François Mitterrand avait fait le déplacement à Moscou ? Ce fut même son dernier et très symbolique déplacement comme président de la République. Ce jour là il déclara en notre nom : 'Je suis venu ce soir au nom de la République française pour saluer le peuple russe, le grand peuple russe, celui d'une grande histoire, un peuple créateur, un peuple patriote. Je suis venu saluer le soldat russe, mais aussi le soldat appartenant à d'autres nationalités qui combattait à ses côtés. Quel exemple de force et de courage ! Il s'agit d'une vieille tradition russe : quand tout paraît perdu dans ce pays, tout peut être encore sauvé'.



Et Mitterrand d'ajouter cette leçon que Hollande ferait bien de méditer aujourd'hui : 'L'exemple du grand peuple russe, l'héroïsme de ses soldats, le respect dû à ses morts, à tous nos morts, doit avoir un sens ou bien le monde est fou.'

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De nombreux autres chefs d'État n'ont pas accepté l'invitation de Moscou, à l'instar d'Angela Merkel ou de Barack Obama. Les présidents chinois Xi Jinping et indien Pranab Mukherjee, le dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi ou lecubain Raul Castro, ainsi que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ont en revanche assisté aux commémorations en Russie.

[Edit 12h25]

D'autres élus de différents bords politiques partagent l'avis de Jean-Luc Mélenchon, à l'instar du député UMP Philippe Meunier, qui fustige une "présidence indigne" :

Dans Le Figaro, ses collègues UMP Thierry Mariani (député des Français de l'étranger) et Gérard Longuet (sénateur de la Meuse), écrivent une tribune intitulée "Hollande devrait être à Moscou" :

L'expression d'une certaine "tentation de Moscou", comme l'écrivait Le Monde il y a quelques semaines ?

Le président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan, avait également dénoncé "une honte devant l'histoire" et "une faute pour l'avenir" :

[Edit 14h]

Invité de France 3 Ile-de-France à la mi-journée, "NDA" ajoute que le président aurait pu se rendre aux Antilles "le lendemain".

De son côté, l'élu communiste de Paris Ian Brossat estime lui aussi que cette absence de François Hollande "est une honte et une injure". Dans une tribune publiée par Le Plus, l'adjoint au Logement à al mairie de la capitale estime qu'il est "scandaleux de boycotter les cérémonies du 70e anniversaire de l’armistice" :

 

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Que David Cameron, Angela Merkel et leur allié obéissant, François Hollande, fassent passer leurs préoccupations géopolitiques conjoncturelles avant le respect dû aux morts laisse pantois. Sous prétexte de faire un pied-de-nez à Poutine, ils font un affront à l’histoire.

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[Edit 15h45]

Au Front national aussi, on critique dans les mêmes termes cette "offense" faite au peuple russe, à l'image du numéro 2 du parti Florian Philippot, ou de son secrétaire général, Nicolas Bay :

Du rab sur le Lab

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