Ile-de-France : Julien Dray voit un certain manque de respect du PS à l'égard de Jean-Paul Huchon

Publié à 17h25, le 10 mai 2015 , Modifié à 18h03, le 10 mai 2015

Ile-de-France : Julien Dray voit un certain manque de respect du PS à l'égard de Jean-Paul Huchon
© LIONEL BONAVENTURE / AFP

BONNES MANIÈRES - Jean-Paul Huchon va-t-il, oui ou non, se désister dans les prochaines heures au profit de Claude Bartolone ? C'est ce qu'assure le JDD, dimanche 10 mai. Selon l'hebdomadaire, le président socialiste de la région Ile-de-France devrait annoncer, lundi soir ou mardi matin, son ralliement à la candidature du président de l'Assemblée pour les régionales de décembre. Son entourage, en revanche, assure à Metronews qu'il est "toujours candidat à ce jour". Et Julien Dray non plus ne considère pas l'affaire comme entendue. Selon lui, "le débat n'est pas clos".

 

Invité de Radio J ce dimanche, le vice-président du Conseil régional d'Ile de France considère même qu'il y a, dans cette arrivée de Claude Bartolone dans la course à la dernière minute, un certain manque de respect à l'égard de Jean-Paul Huchon. Il dit :

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Le débat n'est pas clos parce que premièrement, je vous fais une remarque : moi j'ai des principes. Quand je travaille avec quelqu'un, surtout quand il est le président de ma région, ma première préoccupation, c'est pas de le pousser dans l'escalier. C'est de discuter. Soit il a fait du mauvais travail et à ce moment-là on lui demande de partir, soit il a fait du bon travail et on discute avec lui. Et on prend le temps de discuter. C'est pas ce qui a été fait jusqu'à maintenant.

 

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En creux, l'élu de l'Essonne accuse donc Solférino et l'exécutif, qui ont voulu mettre un terme au duel fratricide Huchon-de La Gontrie, de "pousser" le premier "dans l'escalier" en imposant Claude Bartolone, candidat voulu par François Hollande lui-même. Marie-Pierre de La Gontrie, de son côté, s'est immédiatement rangée derrière Claude Bartolone. Ce qui, là encore, suscite un légère énervement chez Julien Dray :

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Deuxièmement, je n'aime pas quand on commence à promouvoir des candidatures dont on découvre à la fin qu'elles n'étaient là que pour essayer d'empêcher le président sortant de se présenter. Je pense à Marie-Pierre de La Gontrie. 

 

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Selon lui, rien n'est donc décidé. Et à l'entendre, on comprend qu'il entend bien faire valoir ses arguments :

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À l'heure où on se parle, pour l'instant, moi je n'ai pas la réponse de Jean-Paul Huchon. Et à partir de là, on va discuter. Et c'est pas parce qu'on m'aligne, pour que les choses soient claires, huit premiers fédéraux, je ne sais pas combien de parlementaires (qui ont validé la candidature de Bartolone, ndlr) - ça c'est des maréchaux d'Empire, c'est respectable mais ça fait pas l'armée napoléonienne et ça fait pas Napoléon. Donc ça veut dire qu'à un moment donné il faut discuter. Et moi je pense qu'on va discuter, calmement et sereinement, sur le meilleur dispositif.



Pourquoi ? Parce que la région Ile-de-France, c'est un joyau pour la gauche, c'est un joyau, au regard du travail qui a été effectué, et qu'on peut pas, je dirais pour des petites luttes politiciennes, perdre ce travail que nous avons effectué avec Jean-Paul Huchon depuis maintenant de nombreuses années

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"Calmement et sereinement", Julien Dray veut donc "discuter" avec les instances du parti du "meilleur dispositif" pour garder la région. Et Claude Bartolone n'est, à son sens, qu'une option en concurrence avec Jean-Paul Huchon :

 

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C'est un des éléments mais c'est pas seul. Et donc tout se discute. Pour une simple raison : c'est que c'est collectivement que ces choses-là doivent être traitées. Et elles peuvent pas être traitées seulement dans des têtes-à-tête. Les têtes-à-tête c'est important mais il y a un collectif.

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Déjà en décembre, Julien Dray expliquait au Lab être "un peu triste" d'avoir été écarté de la liste PS pour les régionales, sans que personne ne l'ait appelé pour lui expliquer ce choix.

Du rab sur le Lab

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