Imbroglio autour d’une opération contre l’ETA : EELV et plusieurs politiques s’insurgent

Publié à 16h54, le 17 décembre 2016 , Modifié à 16h55, le 17 décembre 2016

Imbroglio autour d’une opération contre l’ETA : EELV et plusieurs politiques s’insurgent
Cécile Duflot. © MARTIN BUREAU / AFP

L'interpellation vendredi 16 décembre de personnalités, dans ce qui est présenté par Madrid et Paris comme une opération policière franco-espagnole contre l'organisation clandestine et séparatiste basque espagnole ETA, a provoqué un imbroglio inattendu. Et de multiples réactions politiques s’insurgeant contre cette opération alors que le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux s’est félicité de l’opération, "un nouveau coup dur porté à l’ETA " "Personne n’a le droit de se proclamer destructeur d’armes et éventuellement de preuve", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans un autre communiqué diffusé ce samedi 17 décembre, EELV "demande la libération des militants et la poursuite du processus de paix". "La nuit dernière, le gouvernement a annoncé avoir arrêté plusieurs militants de l’organisation Euskadi Ta Askatasuna (ETA) dans le cadre d’une opération anti-terroriste. En fait d’opération terroriste, les personnes arrêtées sont des personnalités connues pour leur pacifisme et leur attachement à la paix au Pays basque et ne sont en rien rattachées à ETA. Elles étaient réunies pour initier le désarmement d’ETA, et ultérieurement remettre les armes aux autorités françaises", écrit le parti écolo. Qui ajoute :

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Cette opération policière est absurde, ETA ayant déposé les armes et renoncé à la lutte armée depuis 2011, et nuit au processus de paix au Pays basque auquel ETA a adhéré.

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"Stupéfiant de morgue et de bêtise", a tweeté Cécile Duflot après avoir déjà lancé sur le réseau social :

 

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Si ce n’était pas tragique, ce serait juste pitoyable. Il s’agit du terme du processus de paix.

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Sénatrice PS, Frédérique Espagnac a quant à elle "apporté son soutien" aux interpellés, "des militants engagés pour la paix". Dans un communiqué, le candidat à l’élection présidentielle et ancien du Modem Jean Lassalle a fustigé "les machiavéliques dérives autoritaires de l’Etat français".

Les cinq personnes en question ont été interpellées dans la grande maison, isolée, de Béatrice Haran-Molle, dans la bourgade de Louhossoa (environ 600 habitants), sur la route de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port. Au cours d'une perquisition, "une importante saisie d'armes, d'explosifs et de munitions" a été réalisée, a indiqué le ministère français de l'Intérieur. Pour les gouvernements français et espagnols, "l'interpellation de cinq individus en relation avec l'organisation terroriste ETA" est "un nouveau coup dur porté à ETA", comme l'a donc déclaré Bruno Le Roux, tout en se félicitant "d'une excellente coopération entre les services et avec les autorités espagnoles".

L'interprétation fournie dans les milieux nationalistes basques est complétement différente: ainsi, le site en ligne Mediabask, proche du quotidien basque espagnol Gara qui exprime parfois les positions d'ETA, publie une lettre que lui ont adressé Michel Tubiana, Txetx et Michel Berhocoirigoin, affirmant qu'ils avaient décidé "d'enclencher le processus de désarmement de l'organisation armée et procéder à la destruction d'un premier stock d'armes". Ce stock "correspond à environ 15% de l'arsenal d'ETA". Tous trois justifient leur action par leur volonté de "contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque".

Le 12 octobre dernier une importante cache d'armes d'ETA avait été découverte en forêt de Compiègne (Oise). Le 5 novembre, un des derniers chefs d'ETA encore dans la clandestinité, Mikel Irastorza, avait été arrêté à Ascain, près de Bayonne, puis mis en examen et écroué à Paris. Enfin, le 14 décembre, un autre militant basque espagnol d'ETA avait été arrêté à Marseille. Ces trois opérations avaient également été menées conjointement par les polices française et espagnole.

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