"Indignité permanente" vs "excuser l’inexcusable" : la droite se déchire à deux jours du 2nd tour des législatives

Publié à 07h11, le 16 juin 2017 , Modifié à 07h45, le 16 juin 2017

"Indignité permanente" vs "excuser l’inexcusable" : la droite se déchire à deux jours du 2nd tour des législatives

Vendredi 16 juin, c’est le tout dernier jour de la campagne des législatives, et le dernier d’une interminable séquence électorale débutée en 2016 avec la primaire de la droite. Passer de favori de la présidentielle à un petit groupe d’opposition à Emmanuel Macron et La République en marche, c’est la trajectoire déclinante qu’a connu LR depuis l’avènement du Penelope Gate autour de François Fillon en janvier. Alors, sur le point de faire une grosse contre-performance aux législatives, un "échec" déjà acté par François Baroin, la droite n'attend pas le coup de sifflet final pour se déchirer.

La droite avait commencé à se déchirer avec la nomination d’Edouard Philippe à Matignon par Emmanuel Macron et par l’entrée au gouvernement de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, elle continue à l’approche du second tour des législatives. Car il semble y avoir de plus en plus deux droites irréconciliables entre celle qui prône une opposition dure à Emmanuel Macron et les "constructifs", prêts à soutenir les grands textes de l’exécutif.

# "L’indignité permanente" des "constructifs"

"Ces gens sont des traîtres génétiques", tance de manière fort sympathique en off un "ténor Républicain" ce vendredi 16 juin dans les colonnes du Parisien où les langues se délient et offrent un début de règlement de comptes rue de Vaugirard. "Jean-Pierre Raffarin veut faire éclater le parti", persifle un autre cadre de la droite tandis que la porte-parole de campagne, Florance Portelli, assène contre ces "constructifs" :

Ils sont dans l’indignité permanente. Le renouvellement, ce n’est pas de faire des magouilles, du tripatouillage à tous les étages pour essayer de se placer. Ils nous ont fait énormément de mal.

Même tonalité du côté d’Eric Ciotti, qui assure qu’il est arrivé en tête au premier tour des législatives car il n’a "pas eu peur de dire qu’il est de droite". Ajoutant :

Si tout le monde était resté sur une ligne claire et droite au niveau national, nous aurions de meilleurs résultats partout. L’attitude de quelques-uns, au demeurant minoritaires, nous fait un tort considérable.

Ambiance.

# "L’entreprise de démolition" des soutiens de Fillon

Mais les macroncompatibles ne sont pas en reste de critiques contre leurs petits camarades avant une possible scission, que ce soit au niveau du parti ou au niveau du groupe parlementaire, dès lundi. Pour Sébastien Lecornu, proche de Bruno Le Maire, l’indignité ne vient pas des "constructifs" mais de ceux qui ont entraîné la défaite de la droite en soutenant François Fillon jusqu’au bout. Au Parisien, il balance :

Les traîtres, ce sont ceux qui ont participé à l’entreprise de démolition de notre campagne présidentielle en défendant l’indéfendable, en excusant l’inexcusable.

Quant à Thierry Solère, l’un des artisans du rapprochement des divers courants macroncompatible, il accuse cette ligne droitière de LR d’être à l’origine de la déchéance de la droite depuis 2002 :

En 2002, on avait 330 députés et on risque de se retrouver dimanche soir avec, au mieux, 70 élus. Et ceux qui sont responsables de nos échecs depuis quinze ans se permettent de nous donner des leçons ?

La campagne des législatives n’est pas encore finie que les attaques fleurissent et les coups pleuvent. La nuit des longs couteaux de la droite semble avoir déjà commencé. Et difficile d'imaginer ces deux droites continuer de cohabiter.

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