Interpellé sur la suppléante de Ruffin, Mélenchon dénonce une manœuvre et attaque Ferrand

Publié à 06h43, le 05 octobre 2017 , Modifié à 06h43, le 05 octobre 2017

Interpellé sur la suppléante de Ruffin, Mélenchon dénonce une manœuvre et attaque Ferrand
Jean-Luc Mélenchon. © AFP

Zoé Desbureaux est la suppléante du député de La France insoumise, François Ruffin. Mardi, elle a exprimé son "soutien total" à Sonia Nour, collaboratrice du maire PCF de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) Gilles Poux, suspendue par ce dernier pour avoir qualifié sur Twitter l'auteur de l'attaque de Marseille de "martyr". Mercredi 4 octobre, Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin ont été contraints de se désolidariser de ces propos.

Surtout, dans sa réaction sur Facebook, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "manœuvre" contre lui et les insoumis et a contre-attaqué Richard Ferrand, patron des députés LREM. "Je condamne toute ambiguïté sur le sujet, quelles qu'en soient les intentions ou les prétextes", a d’abord indiqué dans un communiqué le leader de La France insoumise. Il poursuit :

Relayant une campagne de diffamation, Richard Ferrand me demande de condamner une déclaration de la suppléante de François Ruffin à propos de la déclaration d'une assistante du maire de La Courneuve. On devine la manœuvre qui me prend à témoin de l'homme qui a vu l'ours qui a croisé le cheval qui a mangé le foin du paysan qui avait giflé son fils !

Surtout, Jean-Luc Mélenchon demande à Richard Ferrand non seulement de condamner l’attaque de Marseille, mais le prend à partie sur "son refus par son vote personnel de châtier Lafarge pour sa complicité avec Daech"

L'interpellation offensante du président Ferrand ne saurait effacer l'infamie de son refus par son vote personnel de châtier Lafarge pour sa complicité avec Daech, ni son refus d'enquêter sur les liens du Qatar avec les groupes terroristes qui ont assassiné nos compatriotes. Je demande au président Ferrand de condamner la complicité financière avec Daech. Je lui demande aussi de condamner les meurtres de Marseille, ce qu'il n'a toujours pas fait personnellement.

Car l’on a appris en septembre par un ancien dirigeant de Lafarge que le groupe avait bien versé de l’argent à l’état islamique. Et Jean-Luc Mélenchon avait été interpellé mercredi par le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand, qui avait jugé "pas possible que le président Mélenchon n'ait pas une expression publique pour dire s'il approuve ou désapprouve les déclarations de la suppléante" du député LFI de la Somme, "qui banalisent ce qui s'est passé à Marseille".

Quant à la suppléante de François Ruffin, Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin se sont donc désolidarisés de son soutien à une élue PCF ayant qualifié l'auteur de l'attaque de Marseille de "martyr" et qui avait fait polémique. François Ruffin a estimé qu'il s'agissait "pour le moins une manière bien maladroite de défendre la cause des femmes". Et d’ajouter :

Je ne peux qu'énoncer des banalités: d'abord, mon évidente solidarité avec les familles des victimes de ces attentats; ensuite, ma réprobation devant tout propos qui euphémise la violence terroriste. Et bien sûr, un psychopathe de ce genre n'est en rien un ‘martyr’.

"Quand un martyr égorge une femme et poignarde une autre, là ça fait du bruit. Terrorisme, du sang, civilisation Bla Bla Bla...", avait écrit Sonia Nour dans un tweet publié lundi, au lendemain de cette attaque au couteau -revendiquée par le groupe État islamique- où deux cousines de 20 ans ont été tuées à la gare Saint-Charles à Marseille. "Par contre, que le terrorisme patriarcal nous tue tous les deux jours, on l'entend moins, votre grande gueule", avait-elle ajouté. Zoé Desbureaux, suppléante de François Ruffin, avait exprimé sa "tristesse de voir que la gauche cède à la propagande et à la désinformation fasciste". "Force à toi, Sonia, tu n'es pas seule", avait-elle ajouté. Elle avait également dénoncé mardi sur Twitter "les pressions de la fachosphère et de la gauche cassoulet", avant de protéger dans la soirée l'accès à ses tweets.

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