Interrogé sur la perpétuité réelle, Xavier Bertrand confesse qu’il n’aurait pas voté l’abolition de la peine de mort en 1981

Publié à 10h20, le 24 mars 2016 , Modifié à 12h32, le 24 mars 2016

Interrogé sur la perpétuité réelle, Xavier Bertrand confesse qu’il n’aurait pas voté l’abolition de la peine de mort en 1981
Xavier Bertrand. © Capture d'écran BFM TV.

Avec l’arrestation de Salah Abdeslam quelques jours avant les attentats de Bruxelles, la question de la "prison à perpétuité réelle" est revenue dans le débat. Demandée notamment par Nathalie Kosciusko-Morizet puis par plusieurs élus de droite et d’extrême droite, elle a trouvé ce jeudi 24 mars un nouveau soutien en la personne de Xavier Bertrand.

Interrogé sur ce sujet sur BFMTV, le président LR de la région Hauts-de-France en a profité pour confesser que lui député, il n’aurait pas voté l’abolition de la peine de mort en 1981. Un aveu qui lui sert à justifier sa position sur la perpétuité réelle. Il dit :

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Quand il y a eu le débat sur la suppression de la peine de mort, j’étais pas majeur, j’étais pas parlementaire, j’avais suivi tous ces débats, j’avais vu le talent de Robert Badinter, la plaidoirie qu’il avait faite à l’Assemblée. A l’époque, si j’avais été député, je crois que je n’aurais pas voté l’abolition de la peine de mort.

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Pour autant, il ne veut pas revenir sur l’abolition de la peine capitale qui "a du sens à une condition" :

 

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Aujourd’hui avec le recul, je pense que supprimer la peine de mort à du sens à une condition : c’est que ceux qui étaient susceptibles de relever de la peine de mort ne doivent jamais, jamais, sortir de prison. Ça veut dire la perpétuité réelle pour tout le monde.

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Après avoir relancé ce débat dans une interview, NKM l’a introduit à l’Assemblée nationale via les questions au gouvernement. Et le Premier ministre Manuel Valls s’est dit ouvert à "examiner" cette piste alors que Bruno Le Roux, patron des députés PS, s’est dit opposé à cette perpétuité incompressible, l'assimilant à "une peine de mort lente" et estimant que "tout existe dans notre droit pénal pour faire en sorte qu'un terroriste puisse être condamné et qu'ensuite il puisse y avoir une peine de perpétuité avec une sûreté illimitée".

Mais, comme le rappellent Les décodeurs du Monde, "en 2013, la CEDH (cour européenne des droits de l’homme, ndlr) avait examiné la perpétuité incompressible au Royaume-Uni. La Cour avait donné raison aux condamnés britanniques, en estimant que ces peines étaient assimilables à un traitement 'dégradant', car aucun espoir de sortie ne subsistait".

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