Inversion ratée de la courbe du chômage : "J’ai eu tort ! Je n’ai pas eu de bol !", confie Hollande

Publié à 08h01, le 18 août 2016 , Modifié à 14h50, le 21 août 2016

Inversion ratée de la courbe du chômage : "J’ai eu tort ! Je n’ai pas eu de bol !", confie Hollande
François Hollande © EMMANUEL DUNAND / AFP

Sur un malentendu, ça pouvait marcher. C’est peu ou prou la confidence que fait François Hollande sur l’inversion promise de la courbe du chômage dans le livre "Conversations privées avec le président", des journalistes Antonin André et Karim Rissouli, et dont Le Point révèle ce jeudi 18 août les bonnes feuilles.

Promise en 2012 par le chef de l’Etat, l’inversion de la courbe du chômage n’a toujours pas eu lieu. La faute à pas de bol, explique François Hollande qui assume malgré tout ce choix des mots avec son ministre du Travail devenu ministre des Finances, Michel Sapin. François Hollande livre ainsi :

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J'ai fait cette annonce de l'inversion de la courbe du chômage parce que je croyais encore que la croissance serait de 0,7-0,8, elle sera finalement de 0,1 ou de 0,2. Puis je répète cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012. J'ai eu tort ! Je n'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner. Mais ça n'aurait rien changé parce que les gens sont lucides, ils savent que ce n'est pas sur un mois que ça se joue.

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Un an après avoir fait cette annonce ambitieuse dans le domaine de l’emploi, François Hollande avait jugé que cette inversion "prendrait le temps nécessaire". Michel Sapin avait lui justifié cet échec en expliquant maladroitement qu’il fallait compter par trimestres. "L'erreur, c'est d'avoir fixé l'échéance avant la fin de l'année comme point d'arrivée", juge aujourd'hui François Hollande dans ces confidences intimes. Mais il dédouane son ami de trente ans et assume pleinement cette communication :

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Donc, sur l'objectif, Sapin n'est pas du tout responsable. C'est moi. Sapin, lui, fait de cette annonce une obligation. Rétrospectivement, je suis tout à fait reconnaissant, non seulement à Sapin mais aussi à moi-même, d'avoir fixé cet objectif parce que ça a permis de mobiliser. On n'aurait jamais fait cent mille emplois d'avenir, on n'aurait jamais fait autant de contrats aidés, jamais fait autant de formations, même avec une croissance zéro. Je revendique cette méthode. Même si elle est coûteuse politiquement, elle est socialement et peut-être même économiquement bénéfique.

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En 2015, sur Canal+, François Hollande reconnaissait que la hausse du chômage avait été le grand échec de ses trois premières années à l’Elysée. Mais depuis, expliquent en chœur les ténors de la majorité, ça va mieux, chiffres du chômages un peu meilleurs à l'appui. Un élément de langage fortement raillé par l'opposition même si l'INSEE annonce ce 18 août qu'après s'être stabilisé en début d'année, le taux de chômage a baissé de 0,3 point au deuxième trimestre, à 9,6% de la population active en métropole et 9,9% en France entière. Deux taux qui atteignent leur plus bas niveau depuis le 3e trimestre 2012, l'indicateur pour la France entière n'était plus repassé sous la barre symbolique des 10% depuis lors.





[BONUS TRACK] Karma

Dans un autre passage du même livre, François Hollande devise largement sur "la chance" et "la malchance". Il en ressort qu'il estime avoir eu son quota de la seconde depuis son entrée à l'Élysée et qu'"à un moment" ou à un autre, "la vie" va "équilibrer" les choses pour lui offrir plus de la première. En guise de "compensation". Il dit :

 

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Je ne crois pas beaucoup à la chance. Je crois à la malchance. Il y en a eu beaucoup depuis que je suis arrivé ici [à l'Élysée, ndlr]. Un jour, il doit y avoir une compensation. La vie, à un moment, équilibre les chances et les malchances.

"

Il devrait pouvoir faire le bilan en mai 2017.

Du rab sur le Lab

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