"Je n’aime pas les flics et je déteste les juges" : Juppé nie des propos qu’il aurait validés en 2011

Publié à 10h53, le 26 octobre 2016 , Modifié à 11h47, le 26 octobre 2016

"Je n’aime pas les flics et je déteste les juges" : Juppé nie des propos qu’il aurait validés en 2011
Alain Juppé. © AFP

Comment le contexte peut faire *oublier* certains propos à un homme politique. Alors que les policiers manifestent leur mécontentement et que les confidences de François Hollande dans Un président ne devrait pas dire ça…, notamment sur "la lâcheté des magistrats", ont fait polémique, Alain Juppé fait tout pour éviter de connaître les mêmes tourments. Et ce, d’autant plus qu’il caracole en tête des intentions de vote pour la primaire de la droite.

Pourtant, dans les bonnes feuilles du livre d’Anna Cabana sur le maire de Bordeaux, Un fantasme nommé Juppé (éd. Stock), ressort une citation de l’ancien Premier ministre, datant de 2010 quand il négociait avec Nicolas Sarkozy son retour au gouvernement. Une phrase particulièrement gêne Alain Juppé dans le contexte actuel :

Je ne veux pas l'Intérieur, je n'aime pas les flics. Pas la Justice. Je déteste les juges.

Ces propos, Alain Juppé nie les avoir tenus. Ce que conteste l’auteure du livre.

#Le démenti de Juppé

Mardi 25 octobre, deux jours après la publication des bonnes feuilles de Un fantasme nommé Juppé, Alain Juppé est l’invité de France Inter. Il est évidemment interrogé sur cette déclaration fracassante. "Ce livre est une œuvre d’imagination", s’emporte-t-il pour commencer. Avant de démentir fermement :

J’ai déjà vécu ça du fait du même auteur, dans un livre précédent, elle laissait entendre que je n’étais pas le fils de mon père. Ça avait suscité dans ma famille indignation. Donc tout ça, c’est de l’imagination. Ce sont des propos qui datent d’il y a plusieurs années que j’ai pu tenir sur certains points ; d’autres sont déformés ou tronqués et, en tout cas, je n’ai pas pu dire ça parce que je n’en pense pas un mot. J’ai de la considération pour les fonctionnaires, je l’ai toujours montré dans ma vie publique.

Fermez le ban ? Pas tout à fait.

#La réponse d’Anna Cabana

Car Anna Cabana maintient les propos prêtés au maire de Bordeaux et assure qu’Alain Juppé a eu "peur". Invitée de France Inter ce mercredi 26 octobre, la cheffe du service politique du JDD tient tête au présidentiable. Elle affirme que ces propos, déjà rapportés dans un livre en 2011, avaient à l’époque été validés par l’intéressé. Elle explique :

J’aimerais bien faire des romans mais je me contente d’enregistrer des propos et de prendre des notes. En l’occurrence, il a eu peur que ça provoque une nouvelle polémique comme le livre de Davet et Lhomme sur les magistrats avec Hollande. Il y a une terreur chez Juppé d’arriver à un degré de polémique inflammable comme ça. C’est pour ça qu’il est parvenu à une telle soustraction de lui-même de la vérité. En l’espèce, il aurait dû se contenter de rappeler le contexte. On est en septembre 2010 et il est dans des tractations avec Nicolas Sarkozy sur son retour au gouvernement. Il raconte qu’il ne veut ni l’Intérieur ni la Justice ni le Quai d’Orsay, il veut être Premier ministre mais il n’ose pas le dire à Nicolas Sarkozy. C’est dans cette configuration-là.



A l’époque, Alain Juppé avait relu toutes les citations et il était tout à fait d’accord avec cette phrase.

L'entourage d'Alain Juppé assure au Lab qu'il n'a jamais validé cette phrase.

[Edit 11h45] Ajout du démenti de l'entourage d'Alain Juppé et modification du titre.

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