Jean-Christophe Cambadélis accuse Emmanuel Macron de vouloir empêcher une candidature de François Hollande en 2017

Publié à 20h44, le 30 août 2016 , Modifié à 21h08, le 30 août 2016

Jean-Christophe Cambadélis accuse Emmanuel Macron de vouloir empêcher une candidature de François Hollande en 2017

Jean-Christophe Cambadélis n'a jamais vraiment apprécié Emmanuel Macron. Il faut dire que ce dernier a souvent claironné qu'il n'était pas socialiste. Pour le patron du PS, c'était dur à avaler. Mais cette démission, ce mardi 30 août, c'est trop. Sur Twitter, il avait déjà été cinglant.

Sur LCI, en fin de journée, il se fait encore un peu plus explicite. Pour lui, c'est limpide, Emmanuel Macron ne pense qu'à lui et à barrer la route de François Hollande. Il explique : 

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C'est une tentative d'impeachment. Au fond, de quoi il s'agit ? Il s'agit d'empêcher le président de la République de se représenter. Il s'agit de faire en sorte que, par une campagne autour des idées de Macron, il ne puisse pas se représenter. C'est l'objectif de la campagne, c'est l'objectif de la démission, il ne s'agit pas de l'intérêt de la France, de l'intérêt des Français.

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La petite intervention en direct de Bercy d'Emmanuel Macron pour donner les raisons de son départ a franchement agacé Jean-Christophe Cambadélis. Le Premier secrétaire s'énerve contre "les limites" du système politique énoncées par l'ex-ministre, les "compromis de dernière minute" et les "solutions imparfaites". Pour le patron du PS, c'est un mauvais départ. Il dit : 

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Il parle de quoi ? Du débat parlementaire. Quelqu'un qui se propose d'être candidat à l'élection présidentielle et qui refuse les accords parlementaires... Ça met quand même le futur candidat dans une posture vis-à-vis de la démocratie parlementaire que ne renierait pas Nicolas Sarkozy. Je suis très étonné de cette attitude. Mais notre société est faite de compromis ! 

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Pour le¨Premier secrétaire, Macron a donc un petit côté Sarkozy et pas la classe d'un Rocard. Cette démission n'est que calcul car sans raison politique. Il cite les ministres qui avaient -eux- des raisons de partir : Michel Rocard, Jean-Pierre Chevènement ... et même Arnaud Montebourg. Il compare : 

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Au moins Arnaud Montebourg avait un désaccord -d'ailleurs c'est le paradoxe de la situation- il avait un désaccord massif avec le gouvernement, il voulait rester dedans. Macron n'a pas de désaccord et il en sort... Il y a quand même pour chacun une contradiction dans leurs situations. Quel est le désaccord de Macron avec la politique économique et sociale qu'il a réfléchie, inventée et conduite ? Quelle était l'urgence ? L'intérêt ? Quelle raison politique ? Il n y'a pas de raison politique dans ce petit discours. Rien !

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Bref, à la liste des adversaires politiques, Camba ajouterait bien Macron : 

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Dès qu'il sera posé... Il faudrait savoir où il sera. Pour l'instant, il n'est nulle part [...]. Pour l'instant, il n'a pas dit ce qu'il allait faire mais s'il dit qu'il n'est ni de droite, ni de gauche, il sera obligatoirement contre le Parti socialiste.

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Ce qui devrait poser des problèmes à ses soutiens politiques qui sont eux -en grande majorité- au PS.  

Du rab sur le Lab

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