Jean-Christophe Lagarde (UDI) boycottera le congrès : "inutile", qui "rabaisse le gouvernement" et fait la "com'" du président de la République

Publié à 18h31, le 28 juin 2017 , Modifié à 18h49, le 28 juin 2017

Jean-Christophe Lagarde (UDI) boycottera le congrès : "inutile", qui "rabaisse le gouvernement" et fait la "com'" du président de la République
© Jean-Christophe Lagarde. © PATRICK KOVARIK / AFP

Aussitôt annoncé, aussitôt boycotté. Lundi 3 juillet, le Parlement se réunira en congrès à Versailles pour entendre le président de la République. C'est Gérard Larcher qui l'a annoncé à la sortie de son rendez-vous avec Emmanuel Macron ce mercredi 28 juin. Une annonce un peu baroque alors que le Premier ministre est en voyage en Estonie et François de Rugy en train de gérer les bisbilles sur la répartition des postes à l'Assemblée

Eh bien, ce congrès, Jean-Christophe Lagarde, patron de l'UDI et membre du groupe des Constructifs, n'y participera pas. Sur Twitter, il s'insurge et critique notamment la date choisie : la veille du discours de politique générale d'Édouard Philippe. Il écrit : 

Les critiques sont nombreuses sur cette allocution du Président devant les parlementaires, la veille du discours de politique générale du chef du gouvernement. Traditionnellement, après les élections législatives, le nouveau Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement. C'est le moment fort qui lance la nouvelle session parlementaire. Certains voient dans cette annonce une très mauvaise manière faite au Premier ministre.

Ainsi, Philippe Vigier, UDI lui aussi, critique une volonté d'affaiblir Édouard Philippe

Des élus LR rejoignent Jean-Christophe Lagarde et Philippe Vigier sur ce point : le signal politique envoyé par le Président. Philippe Gosselin y voit un "court-circuitage" du Premier ministre  :  

Damien Abad, lui aussi député LR, déplore une "humiliation" :

C'est la réforme constitutionnelle de 2008 qui autorise cette prise de parole présidentielle. Cette allocution d'Emmanuel Macron sera la troisième. Nicolas Sarkozy s'était exprimé en juin 2009 puis François Hollande juste après les attentats de Paris, le 16 novembre 2015. Ce rendez-vous pourrait d'ailleurs devenir un rendez-vous annuel, comme l'avait évoqué Emmanuel Macron pendant la campagne.

Selon l'AFP, peu avant cette annonce, l'Elysée avait souligné que les deux discours du Président et du Premier ministre seraient "deux choses différentes" car le Président n'entrerait pas dans le détail des feuilles de route des ministères, ce qui relèvera du Premier ministre. "Ces deux discours sont écrits ensemble, il faut articuler ces deux prises de parole", a expliqué l'entourage du président de la République.

[EDIT] 18h45 

Philippe Vigier annonce qu'il boycottera lui aussi le congrès

 Le président du groupe Nouvelle gauche (PS), Olivier Faure dénonce dans un communiqué "le retour du pouvoir personnel". Il écrit :

 

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La décision du président de la République de s’exprimer devant le Congrès symbolise le retour du pouvoir personnel. Effacé le Premier ministre qui se voit condamné à jouer les répétiteurs le lendemain. Escamoté le vote de confiance puisque le discours présidentiel ne peut faire l’objet d’aucun débat en sa présence ni d’aucun vote. Sous couvert de novation, Emmanuel Macron renoue avec la conception la plus archaïque de la Vè République.  

"

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