Jean-François Copé croit à mort au financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy (mais il n'a pas de preuve)

Publié à 16h58, le 29 septembre 2016 , Modifié à 17h04, le 29 septembre 2016

Jean-François Copé croit à mort au financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy (mais il n'a pas de preuve)
Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy en 2012 © AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG ERIC FEFERBERG / POOL / AFP

Il y a des rancunes tenaces. Trainé dans la boue, poussé à la démission, accusé puis finalement mis hors de cause, Jean-François Copé n'est aujourd'hui plus en phase de défense. Il est au-delà, en attaque, prêt à en découdre avec ceux qu'il accuse de l'avoir sali. Parmi eux, il y a Nicolas Sarkozy. Le député-maire LR de Meaux n'a de cesse de répéter que l'affaire Bygmalion est l'affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy et que le principal concerné par cette histoire n'est autre que l'ancien président de la République.

Mais il n'y a pas que cette affaire. Il y a aussi celle du financement présumé de la campagne 2007 par Mouammar Kadhafi. Mardi 27 septembre, Mediapart a révélé que la justice avait récupéré le carnet d'un ancien ministre du "guide" libyenoù étaient consignés des versements au profit de Nicolas Sarkozy. Une thèse qui semble tout à fait plausible selon… Jean-François Copé et Jérôme Lavrilleux, cités ce jeudi 29 septembre par Le Monde.

L'ancien président de l'UMP et l'ex-directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 se basent sur leur propre expérience et sur l'affaire Bygmalion pour tenir ce genre d'accusation. Jean-François Copé ignore si le régime de  Mouammar Kadhafi a bien financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais, sur la foi des déclarations de l'ancien Président lors de sa mise en examen, en février 2016, il trouve ces accusations crédibles. Dans un long papier signé des journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet, Jean-François Copé assène :

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Moi, parmi les éléments qu’on me donnait toujours, c’est qu’en gros les dépenses étaient comparables en 2007 et en 2012. Or Sarkozy dit : 'Je ne comprends pas, ma campagne 2012 ne peut pas avoir coûté plus cher qu’en 2007.' Mais elle a coûté plus cher : on sait que les meetings ont coûté 22 ou 23 millions de plus ! Donc, puisqu’en 2007 il n’y a pas eu le financement occulte de l’UMP, c’est quoi le financement, alors ? Sarkozy se fragilise en voulant mentir.

 

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Pour Jean-François Copé, il semble tout à fait logique que la Libye ait financée la campagne du candidat de l'UMP en 2007.

Jérôme Lavrilleux va plus loin et accuse de manière explicite le régime de Mouammar Kadhafi d'avoir financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Cité par Le Monde, il fait une comparaison avec l'affaire Bygmalion :

 

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Celui qui fait office d’agent libyen en 2012, c’est l’UMP.

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De ce point de vue, on comprend un peu mieux les accusations lancées par Jean-François Copé dans un autre article du Monde, toujours ce jeudi 29 septembre. Pour le candidat à la primaire, c'est simple : si l'ex-chef de l'État veut retourner à l'Élysée, c'est pour échapper à la justice grâce à l'immunité inhérente au statut du président de la République française. Cela vaut pour l'affaire Bygmalion. Cela vaut pour le supposé financement libyen de la campagne 2007. Il dit :

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Le parti est à lui, il peut tout contrôler. S’il gagne, Le Pen attend tranquillement. Vous, quand vous dépassez de 15 km/h la limitation de vitesse, vous êtes renvoyé devant le tribunal. Lui, il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal ! Comme c’est une star mondiale, il y aura le Daily Telegraph de Séoul qui racontera que la droite française a sélectionné quelqu’un qui va être renvoyé devant le tribunal correctionnel…

 

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On ignore pourquoi, en imaginant Nicolas Sarkozy en "star mondiale", il pense en premier lieu au Daily Telegraph de Séoul… Mais c'est une autre histoire. 

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