Jean-Luc Mélenchon accuse les travailleurs détachés de "voler le pain" des travailleurs locaux

Publié à 13h56, le 13 juillet 2016 , Modifié à 14h06, le 13 juillet 2016

Jean-Luc Mélenchon accuse les travailleurs détachés de "voler le pain" des travailleurs locaux
Jean-Luc Mélenchon © PIERRE ANDRIEU / AFP

Il parle d'un "coup monté", d'une énième campagne menée contre sa personne par un quotidien avec lequel il entretient, de toute façon, des relations détestables. Une nouvelle fois, Jean-Luc Mélenchon s'en prend au Monde qu'il accuse de le présenter comme "nationaliste, chauvin, raciste, germanophobe et poutinophile".

Mais pourquoi tant de haine ? Le Monde relate ce mercredi 13 juillet les propos tenus par le candidat à l'élection présidentielle le 5 juillet dernier, au Parlement européen. L'eurodéputé évoquait la question des travailleurs détachés. Et il a dit ceci :

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Je crois que l'Europe qui a été construite, c'est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu'arrive un travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place, une Europe de la violence politique, comme nous l'avons vu appliquer à Chypre et à la Grèce, et une Europe de la violence guerrière, comme celle que vous êtes en train de préparer face à la Russie.

 

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Cette question des travailleurs détachées est trans-partisane. Même Manuel Valls a récemment menacé de ne plus appliquer la directive européenne en France

Mais ce qui retient l'attention ici, c'est cette expression : "voler le pain des travailleurs qui se trouvent sur place". Inévitablement, l'image renvoie à cette extrême droite qui adore expliquer en long, en large et en travers que des hordes d'étrangers viennent prendre le travail des Français. Elle s'inscrit aussi dans une certaine mouvance communiste qui, au début des années 80, fustigeait l'immigration. "Il faut arrêter l'immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage", disait ainsi Georges Marchais, comme l'avait rappelé en 2015 Les Décodeurs du Monde.

La différence ici est que Jean-Luc Mélenchon ne parle pas de "voler le pain" des  Français mais des "travailleurs qui se trouvent sur place". Le problème des travailleurs détachés s'applique donc à n'importe quel pays, n'importe quel peuple, de l'Union européenne. Un détail qui établit une vraie divergence entre le discours de Jean-Luc Mélenchon et celui porté par l'extrême droite.

L'intéressé considère pour sa part que l'expression "voler le pain" n'est en rien scandaleuse. "C'est une expression très classique qui n’est pas connotée, dit-il au Monde. Ce sont les mots adaptés à la situation, affirme-t-il. L’extrême droite, elle, vote la directive qui permet les travailleurs détachés, comme la droite et le PS."

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