La grosse leçon de "sobriété" et de "modestie" de Bernard Cazeneuve à Emmanuel Macron (et au "nouveau monde")

Publié à 09h59, le 16 octobre 2017 , Modifié à 10h33, le 16 octobre 2017

La grosse leçon de "sobriété" et de "modestie" de Bernard Cazeneuve à Emmanuel Macron  (et au "nouveau monde")
© @afp

Bernard Cazeneuve est sorti de sa réserve. Cinq mois après avoir quitté Matignon, l'ex-ministre de l'Intérieur livre un témoignage sur son expérience de Premier ministre  dans "Chaque jour compte, 150 jours sous tension à Matignon" (éd Stock). Sous la forme d'un journal, il évoque ses quelques mois à Matignon de décembre 2016 à mai 2017. L'ex-ministre y livre cette confidence : "Je me sens terriblement vintage". Visiblement cela ne lui pose pas trop de problèmes car interrogé sur le "nouveau monde", il est plus que critique.

Ce lundi 16 octobre sur France Inter, il est questionné sur la politique de LREM et sur l'intervention du Président la veille sur TF1. Il explique : 

 

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Il y a des constances dans la vie politique. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est une nouvelle majorité qui mène une politique avec la volonté de la voir réussir ce qui est bien légitime mais parfois avec le sentiment que tout a commencé avec elle y compris la politique. C’est un peu plus compliqué que cela. Il m’arrive parfois de constater chez ceux qui incarnent le nouveau monde qu’ils ont quelques habitudes et parfois parmi les plus mauvaises de l’ancien. Par exemple, je vois des manifestations de satisfaction parfois même d’autosatisfaction qu’il m’est arrivé de voir s’exprimer de façon paroxysmique dans l’ancien monde donc les choses sont plus compliquées que cela.

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Dans son viseur : Emmanuel Macron. Mais pas seulement, il poursuit :  

 

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Il n'est pas le seul à témoigner de ce type de qualité ou de penchant donc je crois qu’il faut être beaucoup plus modeste. La véritable modernité c’est d’abord de dire toujours la vérité aux français sur les enjeux auxquels ils sont confrontés. Deux : d'exercer la responsabilité du pouvoir en ayant conscience que l’Etat est plus important que nos modestes personnes dépositaires d’une légitimé éphémère et qu’un peu de sobriété et de modestie dans l’exercice du pouvoir peut être une véritable porte ouverte vers la modernisation de nos instituions.  

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Un sermon ferme et poli de la part de celui qui a fait de la retenue sa marque de fabrique. Sans le nommer, il critique également Emmanuel Macron sur sa parole et indique qu'il est souhaitable d'avoir "une  parole mesurée" pour ne pas créer "de tensions ou d’antagonismes".  

S'il précise n'avoir "pas d'animosité à l'égard du président de la République et du Premier ministre", l'ex-ministre redevenu avocat se montre toujours très sceptique sur l’action d’Emmanuel Macron et en particulier sur sa volonté de dépasser le clivage gauche/droite qui reviendrait en réalité, selon lui, à "être tout simplement de droite". Cazeneuve : vintage for ever

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