La leçon d’Emmanuel Macron aux journalistes sur la "saine distance" nécessaire avec les politiques

Publié à 19h07, le 03 janvier 2018 , Modifié à 19h07, le 03 janvier 2018

La leçon d’Emmanuel Macron aux journalistes sur la "saine distance" nécessaire avec les politiques
Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse. © Montage le Lab via captures d'écran BFMTV

Lors de ses voeux à la presse, ce mercredi 3 janvier, Emmanuel Macron a tenu à montrer qu’il n’était pas François Hollande. Au cas où les journalistes ne l’auraient pas compris, le chef de l’État a affirmé que le "commentaire" et les "confessions" n’étaient pas l’idée qu’il se faisait du journalisme (contrairement à son prédécesseur, friand de confidences). Dans un discours ciblant les fake news, contre lesquelles il prépare une loi, Emmanuel Macron a estimé que ces pratiques de *l’ancien monde* nuisaient à la recherche de la "vérité". Il a invoqué une "saine distance", ou encore une "distance légitime entre le pouvoir et le contre-pouvoir", avant de poursuivre :

 

La proximité à laquelle nous avions pu parfois nous habituer, n’était, je pense, bonne ni pour le pouvoir politique, ni pour l’exercice du métier de journaliste, parce qu’elle a consisté parfois à donner plus de place à des propos d’antichambre qu’aux propos tenus de manière officielle. C’est encore parfois le cas, lorsque ces propos d’antichambre continuent d’exister. Ça n’est pas une bonne règle démocratique, parce que l’exclusivité de cette confidence à un moment saisi finit par prendre plus d’importance que l’expression publique sous-pesée du dirigeant politique. La volonté légitime de questionner un texte, une politique, je ne la remettrai jamais en cause. Mais cette obsession de vouloir comprendre le contexte pour ne jamais parler du texte et de l’action, elle, n’est pas légitime. Savoir si je prépare mes voeux de jour, de nuit, s’ils seront debout, assis, couché, n’a aucun intérêt. Et je crois pouvoir vous dire que ce ne sont même pas les questions que se posent les Français. C’est donc une question à laquelle je ne réponds pas.

 

Cette "règle de bon sens" énoncée par Emmanuel Macron doit régir la pratique du journalisme, a-t-il estimé. Un journalisme qui ne doit être "ni la confidence, dont la France a le secret et dont la littérature nous dit qu’elle peut parfois être fausse, ni la connivence", selon lui.

Voilà pour la leçon présidentielle.

Le Lab ne peut s’empêcher de noter simplement que les "propos d’antichambre" qui fuitent opportunément dans la presse concernent aussi… un certain Emmanuel Macron. Ainsi cette confidence sur la baisse des APL ("C’était une connerie sans nom"), en pleine polémique. Ou encore sur le durcissement des sanctions vis-à-vis des chômeurs, qui viseraient "les cadres ou les salariés qualifiés" et non les "smicards", encore en pleine polémique.

Du rab sur le Lab

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