La majorité utilise Nicolas Sarkozy pour justifier l'éventuel maintien de Christophe Castaner au gouvernement

Publié à 07h20, le 23 novembre 2017 , Modifié à 07h20, le 23 novembre 2017

La majorité utilise Nicolas Sarkozy pour justifier l'éventuel maintien de Christophe Castaner au gouvernement
Nicolas Sarkozy © AFP

Ce remaniement qui ne vient toujours pas est en train de mettre tout le monde sur les nerfs. Regardez Christian Jacob. Le chef de file des députés Les Républicains s'est largement énervé, mercredi 22 novembre, lors de la séance de questions au gouvernement.

Le président du groupe LR à l'Assemblée nationale ainsi estimé que le maintien au poste de secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement de Christophe Castaner après son *élection* comme délégué général de La République en marche posait un vrai problème démocratique. "Cette décision, si elle était confirmée monsieur le Premier ministre, ce serait un conflit d'intérêt caractérisé, ce serait une caporalisation des députés, ce serait une mise en coupe réglée de l'Assemblée nationale", s'est insurgé le député LR de Seine-et-Marne.

L'énervement, l'attente insoutenable du remaniement, avait fait oublier ceci à Christian Jacob : il est déjà arrivé par le passé qu'un dirigeant de parti politique soit au gouvernement. Édouard Philippe le lui a rappelé :

Dans l'année 2006, vous avez été membre – et un membre important et respecté – d'un  gouvernement sous l'autorité du président de la République Jacques Chirac. Vous étiez, monsieur le président Jacob, membre d'un gouvernement qui comptait dans ses rangs le président d'une formation politique au poste de ministre de l'Intérieur. Et j'ai tendance à penser monsieur le président Jacob, sans faire injure au secrétaire d'État en charge des Relations avec le Parlement, que ministre de l'Intérieur, on a en matière d'organisation des affaires publiques, de prise sur le débat public, de respect sur les libertés publiques, plus de prise que lorsqu'on est secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement.

 

Voici donc Edouard Philippe, Premier ministre élevé au biberon d'Alain Juppé, en train de prendre Nicolas Sarkozy comme exemple. Car c'est bien de l'ancien chef de l'État que parle le chef du gouvernement. En 2006, Nicolas Sarkozy était président de l'UMP et en même temps © ministre de l'Intérieur. Un poste non négligeable puisque c'est notamment depuis la place Beauvau que sont organisées et contrôlées les élections en France. À l'époque, Christian Jacob était ministre de la Fonction publique. Et travailler au gouvernement avec le chef de l'UMP ne le gênait pas.

De fait, la majorité utilise Nicolas Sarkozy pour justifier l'éventuel maintien de Christophe Castaner au gouvernement. Edouard Philippe et d'autres, aussi. Cité par L'Opinionce jeudi 23 novembre, un député MoDem s'étonne : "Sarkozy avait alors accès aux fiches de police de ses opposants, et ça ne gênait personne."

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