La petite blague de François Hollande sur la droitisation d'Alain Juppé

Publié à 15h10, le 05 janvier 2016 , Modifié à 15h18, le 05 janvier 2016

La petite blague de François Hollande sur la droitisation d'Alain Juppé
François Hollande et Alain Juppé, en 2013 © MEHDI FEDOUACH / AFP

LOL – Alain Juppé le répète à corps et à cri : non, il ne s'est pas droitisé. Peu importe ses mots dans Le Journal du Dimanche ou son livre Pour un État fort (éd. JC Lattès), l'ancien Premier ministre assure qu'il n'a pas musclé son jeu, qu'il a toujours été un homme de droite et que de toute façon, ce genre de clivage est dépassé et que lui, il est gaulliste, un point c'est tout.

Mais tout le monde n'est pas de cet avis.  À commencer par François Hollande. Oh, ce n'est pas que ce virage  - réel ou non – énerve ou inquiète le chef de l'État. C'est même plutôt l'inverse en fait. Lui candidat, il craint sans doute de devoir affronter un homme supposé plus centriste que Nicolas Sarkozy et qui pourrait, donc, lui siphonner quelques voix. Alors quand Alain Juppé est suspecté de droitiser son discours et de formuler des propositions que la frange dure de Les Républicains ne renierait pas, le président de la République savoure.

Cité par Le Monde ce mardi 5 janvier, il dit :

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Les socialistes vont peut-être découvrir qu’Alain Juppé est à droite.

 

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Également cité par le quotidien, un "habitué de l'Élysée", assure que cette droitisation n'en est qu'à ses prémices. "Le président pense qu’on n’a encore rien vu, et que le livre de Juppé sur l’économie, dans quelques mois, confirmera cette droitisation", assure cette source anonyme.

Dont acte : les socialistes ont bien découvert qu'Alain Juppé était de droite. Mardi, dans un communiqué, le parti dirigé par Jean-Christophe Cambadélis estime que l'ancien Premier ministre n'a "pas changé". "Vingt ans après le plan d’austérité qu’il avait engagé comme Premier Ministre et qui avait conduit aux mobilisations de l’hiver 1995, Alain Juppé défend toujours les mêmes recettes : report de l’âge légal de la retraite à 65 ans, dégressivité et réduction des indemnités chômage, remise en cause des protections du code du travail et licenciements facilités, fragilisation des salariés, etc.", écrit le PS. Il ajoute : 

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Ces propositions, qui participent à la surenchère libérale et néo-thatchérienne que se livre la droite, sont à l’opposé de ce dont à besoin notre pays. Et de ce qu’attendent nos concitoyens.

 

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Mais c'est qu'ils sont parfois un peu bébêtes, ces socialistes... Alain Juppé assume pourtant bien être de droite. "J'ai toujours été un homme de droite tout simplement parce que je crois dans la personne humaine, dans sa liberté et dans sa capacité créatrice plus que dans le collectif et l'appropriation collective des moyens de production, qui définit le socialisme", a-t-il par exemple expliqué lundi soir, sur France 2. Mais visiblement, il y en a à gauche qui n'avaient pas compris.

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