La petite galère de Stéphane Le Foll face à une question sur le premier meeting d'Emmanuel Macron

Publié à 09h16, le 22 juin 2016 , Modifié à 09h20, le 22 juin 2016

La petite galère de Stéphane Le Foll face à une question sur le premier meeting d'Emmanuel Macron
Stépahne Le Foll © ERIC FEFERBERG / AFP

INSTANT RADIO - On a beau être porte-parole du gouvernement et intime du chef de l'État, il y a des infos concernant les autres ministres à côté desquelles on peut très bien passer. Comme le tout premier meeting de l'un d'entre eux qui entretient savamment l’ambiguïté autour de ses intentions présidentielles. C'est le drame qu'a connu Stéphane Le Foll, mercredi 22 juin.

Comme le révélait Le JDD mardi soir, Emmanuel Macron et son mouvement En Marche vont en effet tenir leur premier meeting à la Mutualité, le 12 juillet. Une annonce faite par l'un des cadres de l'aile droite du PS qui soutient la démarche du ministre de l'Économie, le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb. Et ce alors que vient d'être officialisée l'organisation cet hiver d'une primaire du PS en vue de 2017. Cet acte de campagne se tiendra par ailleurs deux jours avant la traditionnelle interview de François Hollande pour le 14 juillet. Voilà qui fait beaucoup.

Mais Stéphane Le Foll n'était tout bonnement pas au courant. Alors, lorsqu'il est interrogé sur le sujet ce mercredi sur France Info, il connaît un *tout petit* moment de solitude et se dépatouille comme il peut avec cette info qui lui tombe dessus de bon matin. Ce qui donne le dialogue suivant, au cours duquel le ministre de l'Agriculture tente de se donner de la contenance :

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- Stéphane Le Foll : Bon bah écoutez, il a... Vous me l'apprenez ce matin, moi je ne sais pas... C'est un meeting d'un ministre et c'est bien légitime...



- France Info : Deux jours avant le Président.



- Stéphane Le Foll : Moi j'en ai fait aussi, des meetings.



- France Info : Deux jours avant le Président !?



- Stéphane Le Foll : Parce que c'est le combien ?



- France Info : Le 12 juillet !



- Stéphane Le Foll : Le 12 juillet.



- France Info : Deux jours avant l'expression publique du Président.



- Stéphane Le Foll : Le 14 juillet c'est la fête nationale, c'est ça qu'il faut retenir. Et puis il y a une expression du président de la République le 14 juillet. Euh bon. Et puis il y a un meeting le 12 juillet, on verra ce que dit Emmanuel Macron, je pense qu'il sera en capacité de défendre ce qui est fait.

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Il finit donc par se rattraper à la branche de la défense du quinquennat, ajoutant : "Si l'économie va mieux, c'est parce qu'il y a eu des choix difficiles, qui ont été critiqués par tout le monde, et qui ont été faits par le président de la République." Un instant à réécouter ici :



Vu la teneur des dernières prises de parole personnelles d'Emmanuel Macron, on est cependant en droit de penser que ce n'est pas forcément ce sur quoi qu'il avait prévu d'insister. Stéphane Le Foll lui-même n'en semble pas totalement convaincu. 

Voilà en tout cas ce que donne la réponse sans fiches ni éléments de langage prédéfinis du porte-voix de la hollandie sur un sujet que personne n'avait visiblement jugé utile de lui signaler avant une interview dans une matinale nationale. Balbutiante, dira-t-on poliment.





[BONUS TRACK]

Jusqu'ici, on a très peu entendu les représentants de l'exécutif sur le Brexit. Alors que le référendum sur une sortie de l'Union européenne est organisé ce jeudi au Royaume-Uni, le gouvernement est resté assez silencieux. Seul François Hollande a dit mardi souhaiter une réponse "la plus confiante dans l'avenir de l'Europe", faute de quoi "nous en tirerions toutes les conséquences".

Stéphane Le Foll fait coup double sur France Info ce mercredi, expliquant cette réserve du gouvernement sur ce sujet qui touche à la souveraineté d'un pays ami, mais le mettant clairement en garde contre les conséquences néfastes du Brexit :

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On a, puisqu'on est membres du gouvernement, cette idée que c'est un choix souverain qui doit être fait par la Grande-Bretagne et les Britanniques. Et en même temps, j'écoutais et je regardais les images hier soir de Boris Johnson [ex-maire de Londres et pro-Brexit, ndlr], qui veut faire de l'immigration le seul sujet qui va décider de savoir si la Grande-Bretagne reste ou sort. Je rappellerais juste un sujet, c'est que voilà comment fonctionnent tous ces populistes. Ils utilisent la peur, celle de l'immigration, sur laquelle il faut maîtriser les flux migratoires, ça c'est un enjeu colossal. Et ils laissent penser que sur les autres sujets, eh bien on continuera à s'arranger.



Moi je le dis très clairement : [si] la Grande-Bretagne quitte l'Europe, il n'y aura plus pour les agriculteurs de Grande-Bretagne d'aides européennes. Que ça soit clair. La Grande-Bretagne quitte l'Europe mais on va garder le marché unique ? Non, il n'y aura plus de marché unique. Parce que la Suisse aujourd'hui, pour avoir accès au marché unique, elle paye pour avoir accès, la Norvège, elle paye. Et si ils veulent pas payer, les Anglais, ils seront obligés de passer par une négociation de type accord commercial et il y aura des taxes qui seront négociées. Donc je dis aux Anglais : vous croyez que le débat c'est l'immigration et vous pensez que tout le reste ne va pas bouger ? Eh bien vous perdrez sur l'immigration et vous perdrez les avantages que vous avez au niveau commercial. Donc je leur demande de bien y réfléchir.

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