La reconversion contestée d'Edouard Courtial, l'ancien ministre des expatriés de Nicolas Sarkozy

Publié à 18h08, le 22 avril 2013 , Modifié à 22h36, le 22 avril 2013

La reconversion contestée d'Edouard Courtial, l'ancien ministre des expatriés de Nicolas Sarkozy
Edouard Courtial, en janvier 2012. (MaxPPP)

EXPATRIES, JE VOUS AIME– Edouard Courtial, actuel député UMP et ancien ministre de Nicolas Sarkozy chargé des expatriés, a un nouvel employeur depuis le début du mois de mars : un courtier en assurances, précisément spécialisé dans les expatriés, ont expliqué au Lab, ce lundi 22 avril, le député concerné ainsi que son nouvel employeur, confirmant une information de la La Correspondance Economique.

Vous n’avez pas suivi ? On reprend.

Il y a encore un an, Edouard Courtial était le secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger de Nicolas Sarkozy, un poste qu’il a occupé pendant six mois dans le dernier gouvernement de François Fillon. Son job: voyager à travers le monde, traîner les missions économiques et les consultats, pour prendre soin des expats français.

Depuis le 1er mars 2013, le même Edouard Courtial, redevenu député UMP, a un nouvel employeur à mi-temps : il est responsable du développement de la société MSH international, un courtier en assurances spécialisé dans la protection sociale des expatriés.

MSH international, qui dispose déjà de plusieurs bureaux à l’étranger – Pékin, Bangkok, … - et, indique se trouver dans un contexte de forte croissance, explique:

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Depuis le 1er mars 2013, Monsieur Courtial a été embauché à temps partiel.

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Sollicité par le Lab, Edouard Courtial se prévaut clairement de l’expertise – et du carnet d’adresses – que lui a permis d’acquérir son court séjour au Quai d’Orsay :

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Mon passage au secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger m’a permis de beaucoup voyager et de bien connaître le monde des expatriés.

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En revanche, il assure qu’il n’y a  évidemment aucun conflit d’intérêt avec son mandat parlementaire, et précise avoir sollicité "la délégation chargée de l’application du statut du député"à l’Assemblée nationale, présidée par la député UMP Catherine Vautrin:

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J’ai fait vérifier qu’il n’y avait aucune incompatibilité. J’ai voulu jouer cartes sur table.

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Et le député de faire les questions et les réponses :

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La seule question qui se pose est : y a-t-il conflit d’intérêt entre mon mandat et le travail que j’exerce ?

La réponse est non.

Le développement international n’est pas concerné par les lois françaises.

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Précisant encore ne pas toucher "d’argent en fonction des contrats ou des missions", il explique encore avoir "souhaité communiquer dessus car on a tout à gagner à jouer la transparence".

En attendant, à l’Assemblée nationale, ça grogne du côté du groupe socialiste.

Philippe Pillevesse, conseiller chargé des relations avec l’Assemblée de Jean-Marc Ayrault, s’agace ainsi, "retwitté" par un député PS et un collaborateur du groupe PS à l’Assemblée :

Donc en plein débat sur les conflits d'intérêts, E Courtial, député UMP devient responsabledu développement du courtier MSH international

— Pillevesse (@ppillevesse) 22 avril 2013

Même tonalité chez Amandine Janiaud-Vergnaud, collaboratrice parlementaire du député Olivier Faure, qui moque ainsi le tempo "anachronique" de cette annonce :

Un député UMP devient responsable du développement international du courtier MSH,tt va bien,pas du tout anachronique twitter.com/mandinette77/s…

— Amandine (@mandinette77) 22 avril 2013

Quand un autre conseiller parlementaire du groupe PS y voit un "beau mélange des genres":

Tiens @edouardcourtial , député et ancien ministre, devient directeur du développement de MSH International. Beau mélange des genres.

— Elie Patrigeon (@epat4) 22 avril 2013

Du rab sur le Lab

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