La rencontre Macron/de Villiers au Puy-du-Fou agace à gauche (et jusqu’à l'Elysée)

Publié à 11h07, le 20 août 2016 , Modifié à 18h27, le 20 août 2016

La rencontre Macron/de Villiers au Puy-du-Fou agace à gauche (et jusqu’à l'Elysée)
Emmanuel Macron s'amuse bien avec Philippe de Villiers. © LOIC VENANCE / AFP

Emmanuel Macron est comme un joueur de squash, toujours prêt à prendre le contre-pied. Etre où on ne l’attend pas, c’est sa spécialité, comme faire sa rentrée politique avec Olivier Falorni à La Rochelle, fief traditionnel des universités d’été du PS jusqu’à cette année. Des contre-pieds en forme de provocations qui irritent régulièrement dans la majorité et au-delà.

Mais, plus encore que sa confirmation du fait qu'il n'est pas socialiste (ce qu’il avait déjà dit en février 2015), c'est le lieu de cette déclaration qui est passé aussi mal qu'une mauvaise huître. "L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste", a-t-il ainsi lancé depuis... le Puy-du-Fou où il a rencontré Philippe de Villiers, figure de la droite souverainiste à la lisière entre droite extrême et droite républicaine. Il est ainsi le premier ministre d’un gouvernement de gauche à se rendre chez Philippe de Villiers.

Une rencontre, "à caractère économique" dans le cadre d’un tourisme déclinant, explique le cabinet du ministre de l’Economie, qui lui a valu un bon gros scud provenant de l’Elysée. Ainsi Christophe Pierrel, le chef de cabinet adjoint de François Hollande au Château qui précise au Lab qu'il s'exprime en sa qualité de socialiste et non au nom de l´Elysée, a-t-il tweeté :

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Je n'avais pas compris que ni gauche ni droite voulait dire pas socialiste et en visite au Puy du Fou avec un leader de l'extrême droite !

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"Ultime provocation", a lancé pour sa part le président des Jeunes socialistes (déjà bien en froid avec le ministre), Benjamin Lucas :

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Choisir la compagnie de P. De Villiers pour dire qu'on est pas socialiste, ultime provocation.

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Impertinent, Emmanuel Macron a poussé le vice jusqu'à féliciter Philippe de Villiers. "Je viens saluer ici l'entrepreneur culturel. Le Puy du Fou, c'est un fleuron français, c'est une formidable réussite culturelle, une réussite économique avec 1.500 emplois directs, plus de 3.000 emplois indirects et des milliers de bénévoles", a déclaré le ministre de l'Economie, accompagné de son épouse Brigitte.

Interrogé par des journalistes qui s'étonnaient de sa présence aux côtés de Philippe De Villiers, fondateur du mouvement pour la France (MPF) et créateur du parc, Emmanuel Macron a critiqué le "sectarisme" qui paralyse la France. Et ajouté : 

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Pourquoi c'est étonnant ? (…) Quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et, donc, vous servez l'intérêt général.

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Des propos que n’a pas digéré Benjamin Lucas, qui a poursuivi sa diatribe contre le fondateur de "En marche !" :

 

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Non, Emmanuel Macron, les convictions de Philippe de Villiers ne sont pas ‘respectables’. C’est un odieux réac intégriste. Tout ne se vaut pas.

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Ultime provocation avant un départ du gouvernement pour se lancer dans la campagne de 2017 ?

Du rab sur le Lab

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