La très étrange comparaison de Nicolas Dupont-Aignan pour qui la France en Europe est comme une femme battue par son mari

Publié à 09h58, le 11 avril 2017 , Modifié à 15h54, le 11 avril 2017

La très étrange comparaison de Nicolas Dupont-Aignan pour qui la France en Europe est comme une femme battue par son mari
Nicolas Dupont-Aignan © Capture France Inter

Nicolas Dupont-Aignan veut une Europe alternative, une "Europe des nations et des projets" dont les décisions ne primeraient pas sur celles des États. Le candidat à la présidentielle a même déjà rédigé un projet de traité alternatif allant dans ce sens, projet qui sera soumis à référendum si jamais le candidat remporte la présidentielle. Mais NDA ne veut pas pour autant sortir de l'Europe. "Je ne sors pas de l'Europe, j'arrête l'Union européenne", explique-t-il ce mardi 11 avril sur France Inter

Tout cela est un peu obscur, du moins compliqué, surtout de bon matin. Alors le président de Debout La France décide de filer la métaphore. La comparaison choisie par le candidat à la présidentielle est pour le moins étrange, voire insultante pour les personnes concernées : Nicolas Dupont-Aignan assimile en effet la situation de la France dans l'Union européenne à celle d'une femme battue par son compagnon. Il dit :

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Une femme qui est violentée dans sa maison - c'est le cas de la France depuis des années par Bruxelles – il y a deux solutions. Soit elle s'en va, elle laisse le mari violent dans la maison et il garde la maison, c'est ce qui arrive malheureusement, ce qui est un scandale absolu ; soit elle éjecte le mari et elle reste dans sa maison.

"

Comparaison n'est pas raison veut l'adage. Nicolas Dupont-Aignan le démontre par l'exemple en établissant un rapprochement pour le moins curieux, le candidat faisant des violences faites aux femmes un argument pour sa vision politique

Sur le fond, le candidat à la présidentielle veut que la France "éjecte cette mauvaise Europe, la Commission de Bruxelles, ceux qui ont tué l'Europe dans le cœur des gens, et pas seulement des Français, et qu'on construise une belle maison où on soit heureux". C'est, selon lui, la continuité de son idée gaulliste d'une Europe des nations libres.

[EDIT 15h50]

Lors d'un live Facebook à BuzzFeed News, Nicolas Dupont-Aignan a assuré que sa comparaison n'était "en aucun cas un mépris envers les femmes victimes de violence". Le candidat à la présidentielle a assuré être "un maire qui a beaucoup fait contre les violences faites aux femmes".

[BONUS TRACK] Je dis ce que je veux

Bienvenue dans le règne de la post-vérité où un candidat à l'élection présidentielle peut raconter n'importe quoi en direct à la radio, être contredit par son intervieweur et répondre qu'il dit bien ce qu'il veut. C'est exactement ce que fait Nicolas Dupont-Aignan ce mardi.

Sur France Inter, évoquant la situation en Syrie, le président de Debout la France affirme qu'Al-Qaïda "était l'allié de monsieur Fabius et du gouvernement Hollande puisqu'on a livré des armes aux rebelles". NDA fait ici référence à une vielle intox selon laquelle Laurent Fabius, lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, aurait déclaré que le Front Al-Nosra faisait "du bon boulot" en Syrie. Sauf que la réalité est un tout petit peu plus compliquée.

En 2012, Laurent Fabius avait déclaré que "tous les Arabes étaient vent debout" contre la position américaine de placer Jabhat Al-Nosra sur la liste des organisations terroristes "parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot". Laurent Fabius partageait-il cet avis ou se contentait-il de rapporter une position ?  

Comme l'avait relevé Les Décodeurs du Monde en mars dernier, sa déclaration en date du 16 décembre semblait donner une indication. "Il faut faire extrêmement attention. Je suis en train d’étudier tout cela parce que des rapports nous indiquent qu’ils [le Front Al-Nosra] ont un lien avec Al-Qaida et le problème, c’est pas simplement aujourd’hui, c’est demain. Il faut toujours avoir le regard prospectif", avait affirmé Laurent Fabius, dénonçant de fait les liens entre le Front Al-Nosra et Al-Qaida.

Peu importe pour Nicolas Dupont-Aignan. IL affirme qu'Al-Qaïda "était l'allié de monsieur Fabius et du gouvernement Hollande". Patrick Cohen le coupe, lui fait remarquer qu'il s'agit d'une "fausse déclaration". "Ne versez pas là-dedans", lance le journaliste de France Inter. NDA répond alors ceci :

 

"

J'ai le droit de dire ce que je veux à l'antenne.

"

Et donc des choses fausses. 

Du rab sur le Lab

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