La violente diatribe d’Emmanuel Petit contre François Hollande et sa critique des footballeurs

Publié à 09h48, le 12 octobre 2016 , Modifié à 09h56, le 12 octobre 2016

La violente diatribe d’Emmanuel Petit contre François Hollande et sa critique des footballeurs
Emmanuel Petit. © FRANCK FIFE / AFP

#FOOTPOLITIQUE - François Hollande aime le foot, aucun doute là-dessus. Mais aime-t-il, à l’instar de Jacques Chirac, les sportifs et plus particulièrement les footballeurs ? On peut en douter quand on voit les déclarations du chef de l’Etat dans le livre Un Président ne devrait pas dire ça… des journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Dans ce livre, François Hollande fustige "la communautarisation" de l’équipe de France de football et égratigne sérieusement ces footballeurs, "passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation", à qui il donnerait bien des cours "de musculation du cerveau". "Je donnerais bien des cours de musculation du cerveau, et même de probité, à la classe politique. Notamment dans l’honnêteté intellectuelle, l’honnêteté tout court", lui a sèchement répondu l’ancien champion du monde 1998 Emmanuel Petit sur RMC, mardi 11 octobre. Dans sa réponse, le footballeur, qui ne pratique pas la langue de bois, dézingue François Hollande et la classe politique en général :

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Quelque part, ça ne me surprend pas vraiment. Je peux comprendre, jusqu’à une certaine limite, ces propos. C’est vrai qu’il y a beaucoup trop de footballeurs qui donnent un mauvais exemple, aujourd’hui. Malgré tout, faire une généralité, je trouve que c’est un raccourci que ne devrait pas prendre le président de la République. Ça me déçoit, mais ça ne me surprend pas. Depuis trop longtemps, nous les sportifs, les footballeurs, sommes regardés avec beaucoup de condescendance par nos chers politiciens. C’est vrai que nous, on n’a pas la chance de faire l’ENA.

"

Et bim, envoyé comme une frappe de trente mètres dans la lucarne. 1-0. Mais Emmanuel Petit ne s’arrête pas au milieu du terrain et poursuit son offensive contre les propos de François Hollande. "Je trouve que ça serait bien que ces gens-là puissent redescendre de temps en temps de leur piédestal et aller à la rencontre du peuple français", enchaîne-t-il en mode "petit pont-roulette".

Le break est fait quand Emmanuel Petit compare l’argent justement gagné, selon lui, par les footeux, et les politiques qui vivent de leurs mandats, et donc d’argent public :

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Nous, footballeurs, on ne détient pas la science infuse. Mais nous créons des richesses, contrairement aux politiciens qui vivent des deniers des gens. C’est une chose qui nous différencie : nous ne volons pas l’argent des gens, nous gagnons notre argent justement. Et nous payons nos impôts, nous créons des richesses. On est souvent représenté, à juste titre, avec un certain manque d’intelligence. Mais je trouve que l’intelligence n’est pas simplement celle que nous apprenons à l’ENA.

"

2-0.

"Au moins, nous ne trahissons personne. Et nous, au moins, nous créons des richesses", conclut-il, acide.

Et 1, et 2, et 3-0.

Du rab sur le Lab

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