L'ancien frondeur Jean-Marc Germain veut "faire Syriza et Podemos à l'intérieur du PS"

Publié à 11h38, le 25 mai 2015 , Modifié à 11h38, le 25 mai 2015

L'ancien frondeur Jean-Marc Germain veut "faire Syriza et Podemos à l'intérieur du PS"
Jean-Marc Germain © JOEL SAGET / AFP

LA DEUXIÈME FRONDE - Fut un temps où Jean-Marc Germain faisait partie des frondeurs. Mais c'est terminé. Désormais, ce proche de Martine Aubry, qui se dit "prêt à entrer au gouvernement", s'est rangé derrière la ligne de Solférino. Après avoir signé la motion A, portée par Jean-Christophe Cambadélis et choisie par 60% des adhérents socialistes, l'élu des Hauts-de-Seine veut croire qu'un vent nouveau souffle sur le PS.

Un vent venu d'Espagne et de Grèce, où des initiatives politiques citoyennes de gauche chamboulent les équilibres traditionnels. Et Jean-Marc Germain espère bien que le Parti socialiste français parviendra à l'avenir à faire de même. Sur LCI lundi 25 mai, il explique d'abord la démarche qui l'a amené à passer du camp de Christian Paul à celui de "Camba" : 

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J'ai fait partie de ce mouvement de parlementaires parce que nous estimons que même si on appartient au parti du président de la République, quand ça va pas il faut le dire, il faut que ça se manifeste.



Maintenant, ça va dans les textes et ce qui nous attend après le congrès de Poitiers [début juin, ndlr], c'est que ce qu'on a écrit dans ce texte commun qui réunit Martine Aubry, Manuel Valls et plein d'autres, tous les membres du gouvernement, Anne Hidalgo, etc., que ça se traduise dans la réalité, parce que sinon les Français se détourneront de nous.

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Car avec la validation de cette motion "majoritaire" qui demande notamment l'instauration du prélèvement de l'impôt à la source ou l'arrêt de l'extension du travail dominical, il veut croire que le PS "va ouvrir une nouvelle étape du quinquennat, une étape - François Hollande l'a dit lui même à Carcassonne [en se référant à son propre discours du Bourget, ndlr] - de redistribution : deux ans d'efforts, deux ans de redistribution, c'est-à-dire de progrès social et écologique". 

Tout l'enjeu est désormais, selon Jean-Marc Germain, de faire respecter le texte adopté par les militants à travers la politique concrète de l'exécutif. Et c'est là qu'il explique vouloir "faire Syriza et Podemos à l'intérieur du PS", au lendemain des élections régionales et municipales en Espagne qui ont donné lieu à une forte percée des forces de gauche citoyenne (et quelques mois après les législatives en Grèce et l'arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras) :

 

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Vous savez, il vient d'y avoir des élections en Espagne avec l'émergence de Podemos. Le Parti socialiste espagnol reste la première force politique [la deuxième en réalité, ndlr] mais Podemos émerge et je crois que si nous-même en France on n'est pas capables, avec notre parti, de porter des lignes politiques, de respecter notre ligne politique qui est validée dans des textes, des congrès du Parti socialiste, alors on connaîtra le même destin. Et c'est pour ça, au fond, qu'on s'est engagés dans cette démarche. On veut faire Syriza, on veut faire Podemos - en tout cas moi - à l'intérieur du Parti socialiste.

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À son sens, il s'agit là de rassembler les citoyens pour qu'ils "ne se tournent pas vers des partis extrémistes comme le Front national". Ce qui suppose d'octroyer une plus grande place aux "nouvelles générations" dans l'appareil politique mais aussi de reconstituer une majorité plus large au Parlement et au gouvernement, avec les Verts notamment. Ce qu'il définit comme la "belle alliance" et ce que le PS, il en est conscient, aura un peu plus de mal à réaliser que les mouvements populaires de gauche radicale grecs et espagnols, qui se sont construits en réaction à la politique en place :

 

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C'est beaucoup plus difficile à faire qu'en Espagne et en Grèce parce que dans les deux cas, ça s'est fait contre le gouvernement par des grandes mobilisations citoyennes. Nous on doit faire ça en étant une formation politique qui n'a pas forcément l'intérêt spontané des Français... [...] Mais vous savez, l'équipe d'en face elle est en ordre de bataille. Si nous dans le pack on est désunis et que chacun veut porter le ballon tout seul derrière l'en-but, personne ne marquera d'essai.

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Alors on ne sait pas s'il en a discuté avec Jean-Christophe Cambadélis, en qui il semble avoir confiance pour engager cette transformation du PS, de parti moribond à force dynamique et novatrice. Il vaudrait mieux. Parce que le Premier secrétaire du PS mettait en garde, début février, contre "le fantasme d'un "Syriza français'"...

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[BONUS TRACK] Adieu la fronde

Pour bien montrer que la fronde, c'est fini pour lui, Jean-Marc Germain explique :

 

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Maintenant ce qui va se jouer, c'est au Parlement. Vous disiez que j'étais un député frondeur, mais la grande force de ce texte [la motion A, ndlr], si c'est suivi d'effets, c'est que les parlementaires maintenant ils ont une ligne. Si moi je vote le fait par exemple que pour toutes ces aides aux entreprises, il y ait des contreparties, je ne suis plus un frondeur puisque je vote ce qu'a décidé le parti. Voilà, je suis dans la ligne. C'est pour ça que c'était très important. 

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