L'ancien Premier ministre Michel Rocard est mort

Publié à 20h07, le 02 juillet 2016 , Modifié à 20h53, le 02 juillet 2016

L'ancien Premier ministre Michel Rocard est mort
Michel Rocard © AFP

L'ancien Premier ministre de François Mitterrand Michel Rocard est décédé samedi 2 juillet dans l'après-midi, dans un hôpital parisien. Le chef du gouvernement socialiste entre 1988 et 1991 est décédé à l'âge de 85 ans, a annoncé son fils. Figure historique de la tendance dite "réformiste" et social-démocrate du PS, il est le père de ce qui fut appelé la "deuxième gauche". Tenant dune gauche consciente des réalités de l'économie de marché, il militait pour un Parti socialiste indépendant de son héritage "marxiste". Il était resté, depuis, une voix tutélaire de la gauche et du PS.

Militant socialiste depuis 1949, il fut candidat à la présidentielle pour le Parti socialiste Unifié (PSU) en 1969. Encarté au PS à partir de 1974, il en fut ensuite brièvement le Premier secrétaire, de 1993 à 1994. D'adversaire politique de François Mitterrand au sein du PS, il en était devenu le chef de gouvernement mais leurs relations étaient demeurées électriques.

Fin juin, Le Point publiait une interview fleuve dans laquelle Michel Rocard reprenait ses analyses. "La conscience de porter une histoire collective a disparu, or, elle était notre ciment", disait-il au sujet du PS actuel, qu'il qualifiait de "parti amputé". "Le socialisme porte un projet, mais il n'est plus clair depuis longtemps, regrettait-il encore. D'ailleurs, il n'y a plus guère que moi pour en parler... parce que je suis archaïque, probablement."

L'ensemble de la classe politique lui a immédiatement rendu un hommage appuyé. Michel Rocard a "incarné la modernisation de la gauche et l'exigence de dire la vérité", a dit Manuel Valls, fils spirituel de l'ancien Premier ministre. "Je perds un mentor, une référence. J'ai toujours été rocardien", a-t-il dit sur France 2, ajoutant qu'il s'était "engagé en politique par et pour Michel Rocard". "Il a incarné la modernisation de la gauche et l’exigence de dire la vérité. Il était l’homme du 'parler vrai'. Il restera un exemple de droiture, d’intelligence et d’ardeur. Il savait en même temps rêver le monde et tout faire pour le changer", écrit encore l'actuel Premier ministre dans un communiqué.

Dans un communiqué, François Hollande écrit : 

 

"

Michel Rocard ne dissociait jamais son action de ses idées. Il s’était engagé très tôt pour le socialisme. Un socialisme exigeant et moral. Un socialisme qui conciliait la part d’utopie sans laquelle il n’y a pas d’espoir et la part de modernité sans laquelle il n’y a pas de réussite.



Michel Rocard avait une conception élevée de la responsabilité politique. Il tenait au 'parler vrai'. Cette franchise a pu lui coûter pour accéder aux plus hautes responsabilités de notre pays. Mais c’était son honneur et sa fierté. Michel Rocard était un rêveur réaliste, un réformiste radical, animé par le mouvement des idées, le sort de la planète et de la destinée humaine.

"

Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron, qui se revendique également de l'héritage rocardien, écrit dans un communiqué : "Précurseur et militant il aura changé le visage de la gauche, réconcilié l'Etat avec la société civile, et repensé l'économie sociale de marché. Européen passionné, il aura pour elle mené nombre de batailles. Il va manquer au pays. Il va manquer aux engagés. Ses idées doivent lui survivre et être servies. Il me manquera. Beaucoup."

 

Du rab sur le Lab

PlusPlus