L’avoinée de Manuel Valls à Hervé Mariton pendant les questions au gouvernement : "Il y en a assez de cette violence verbale"

Publié à 16h13, le 17 mai 2016 , Modifié à 16h23, le 17 mai 2016

L’avoinée de Manuel Valls à Hervé Mariton pendant les questions au gouvernement : "Il y en a assez de cette violence verbale"
Hervé Mariton face à Manuel Valls pendant les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, mardi 17 mai. © Montage Le Lab via Captures d'écran France 3

Manuel Valls en a ras-le-bol de ces députés de l'opposition qui remettent en cause systématiquement l’action du gouvernement. Et quand Hervé Mariton manque, de surcroît, de respect à la ministre de la Culture, le Premier ministre y voit une raison suffisante pour lui infliger une avoinée.

Mardi 17 mai. Lors des questions au gouvernement, le député de la Drôme revient sur l’affaire Black M. La mairie de Verdun a eu beau déprogrammer le concert de l’ex-chanteur du groupe Sexion d’assaut, le candidat à la primaire s’emporte contre la ministre de la Culture - qu’il appelle "Madame Azoulay" - qui aurait accepté la tenue du concert en marge des commémorations de la Grande Guerre. Et d’évoquer son histoire personnelle, ou plus précisément celle de son grand-père, à travers une anaphore :

 

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Madame Azoulay, vous manquez de respect à nos soldats d’aujourd’hui. Vous manquez de respect aux anciens combattants de toute génération. Vous manquez de respect à ceux de Verdun, à ceux de 14-18. Vous manquez de respect, madame Azoulay, à mon grand-père, croix de guerre, médaillé militaire, tirailleur algérien, qui n’aurait pas imaginé que vous acceptiez qu’on le traite de youpin. Vous manquez de respect à la mémoire, à Verdun qui a forgé l’unité de la France, cette unité que vous ne devez pas abîmer par une telle provocation.

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Alors que la ministre de la Culture souhaite répondre, Manuel Valls prend la parole, non pour répondre à la polémique Black M, mais pour fustiger la "violence des mots" de l’opposition… en commençant par une leçon de politesse :

 

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Monsieur le DÉPUTÉ Mariton, vous vous adressiez il y a un instant à MADAME la ministre de la Culture. [Applaudissements]. Au fond, votre question est une bonne illustration de ce que je rappelais il y a un instant : la violence des mots. Le verbe utilisé pour créer de la tension dans le pays. Ce n’est pas parce qu’on est candidat à la primaire de la droite qu’on doit s’autoriser ces mots, ces mises en cause, ces accusations. Et monsieur le député Mariton, vous auriez du mal à faire croire ici, dans cet hémicycle, que le Premier ministre de la France, que la ministre de la Culture puissent un seul moment être pris en défaut de lutte contre l’antisémitisme d’où qu’il vienne.

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Le chef du gouvernement argue : il en va avant tout de l’"image" que Hervé Mariton donne de la "démocratie, du Parlement et de l’opposition". Il poursuit :

 

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Il y en a assez de cette violence verbale, de cette mise en cause. Et je vous le dis clairement, les yeux dans les yeux nous nous y tiendrons. Vous êtes toujours [...] une grande partie en tout cas de la droite, toujours avec ce même discours qui consiste à mettre en cause, à ne pas rendre légitime l’action. Nous sommes là pendant cinq ans, jusqu’au bout, et nous irons projet contre projet pour vous dire que nous n’acceptons pas cette violence, cette manière de se comporter et de mettre en cause l’action de l’Etat.

 

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Énorme réprimande, donc. Il y a à peine un mois, Manuel Valls se défendait pourtant : "Moi, je n’avoine pas". On notera au passage que le Premier ministre n’a prononcé ni le mot de "concert", ni le nom du chanteur "Black M".

Du rab sur le Lab

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