Le camp Fillon embarrassé par le prochain voyage de Thierry Mariani en Syrie

Publié à 06h46, le 05 janvier 2017 , Modifié à 07h07, le 05 janvier 2017

Le camp Fillon embarrassé par le prochain voyage de Thierry Mariani en Syrie
François Fillon et Thierry Mariani © Montage via AFP

Thierry Mariani aime beaucoup aller en Syrie. Parfois, il s'y rend avec Valérie Boyer ou Julien Rochedy, ancien président du Front nation de la jeunesse, qui en profite pour faire un selfie avec Bachar al-Assad. Il arrive également au député LR des Français de l'étranger de profiter de son escapade pour rencontrer le grand mufti de Syrie, un homme qui, en 2011, avait menacé l'Europe et les États-Unis d'attentats en cas d'intervention militaire en Syrie, alors que débutait la révolution.

Thierry Mariani aime beaucoup aller en Syrie. Il y est une nouvelle fois attendu ce jeudi 5 janvier, avec les députés Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle. Une rencontre avec le président / dictateur syrien est même envisagée. Les élus partent avec SOS Chrétiens d'Orient, une association humanitaire noyautée par l'extrême droite comme l'avait montré BuzzFeed en 2015.

De quoi embarrasser la famille politique du parlementaire et notamment l'équipe de campagne de François Fillon. À quatre mois du premier tour de la présidentielle, celle-ci a donc pris ses distances avec l'initiative de Thierry Mariani.

Interrogé par Le Figaro, Bruno Le Maire, qui conseille François Fillon sur les thématiques internationales, parle ainsi d'une "initiative individuelle qui n'engage que Thierry Mariani". Le cinquième homme de la primaire de la droite ajoute :

Thierry Mariani fait librement son travail de parlementaire mais il n'est porteur d'aucun message de François Fillon qui n'est aucunement engagé.

 

Porte-parole du candidat Fillon, Thierry Solère abonde dans le même sens. "C'est une initiative personnelle qui n'est pas dictée par François Fillon. Il n'est pas associé à cette démarche", assure-t-il également au Figaro.

Cette prise de distance avec l'escapade syrienne de Thierry Mariani n'est sans doute pas étrangère au fait que François Fillon lui-même, sur le dossier syrien, a une attitude qui suscite, parfois, des interrogations, notamment vis-à-vis de Bachar al-Assad. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy estimait, par exemple, lors d'un débat de la primaire, que "si Bachar al-Assad est toujours là, c'est parce qu'il a un soutien populaire". Le candidat à la présidentielle refuse également de parler de "crimes de guerre" concernant les actes commis par le régime syrien à Alep

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