Le député Patrice Prat, proche de Montebourg, demande la démission de Cambadélis de la direction du PS

Publié à 09h48, le 21 septembre 2016 , Modifié à 11h59, le 23 septembre 2016

Le député Patrice Prat, proche de Montebourg, demande la démission de Cambadélis de la direction du PS
Le député PS soutien d'Arnaud Montebourg Patrice Prat. © Capture d'écran Twitter.

#CAMBADÉMISSION – Plutôt sympa l’ambiance au PS alors que le mot d’ordre de l’establishement socialiste est le "rassemblement" en vue de l’élection présidentielle de 2017. Et c’est plutôt mal parti. Après les critiques de Jean-Christophe Cambadélis contre Arnaud Montebourg, Patrice Prat, fidèle de l’ancien ministre du Redressement productif de François Hollande, a demandé, ce mercredi 21 septembre, la démission du Premier secrétaire du PS. En cause, selon le député du Gard : son manque de neutralité.

Ainsi a-t-il tweeté :

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Jean-Christophe Cambadélis persiste dans ses attaques contre Arnaud Montebourg, il doit démissionner ! Le Premier secrétaire du PS doit être neutre. #Primaire2016

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Contacté par le Lab, Patrice Prat précise son point de vue : "Si le Premier secrétaire persiste dans sa volonté de prendre parti et de ne pas observer de neutralité, il faut qu'il quitte sa fonction". Le député du Gard, qui a annoncé en juillet son départ du PS, estime que Jean-Christophe Cambadélis "passe l'essentiel de son temps à attaquer Arnaud Montebourg". Il rappelle qu'en 2011, Martine Aubry jusqu'à son départ du premier secrétariat pour faire campagne, puis Harlem Désir, qui a assumé la direction du PS pendant la primaire, avaient "observé la neutralité". Il ajoute, à propos de "Camba", qu'il qualifie de "chefaillon":

 

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Nous sommes suspendus à ses lèvres pour connaître les modalités d'organisation de la primaire et lui-même est suspendu aux lèvres du chef de l’Etat pour connaître ses intentions pour la présidentielle

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Alors qu'un Conseil national du PS se tiendra le 2 octobre pour entériner les modalités d'organisation de la primaire, le camp d'Arnaud Montebourg reste vigilant. Et pointe les incertitudes qui ne sont pas encore levées. "On ne connaît pas le nombre de bureaux de vote et leurs emplacements, certains ont même évoqué des bureaux de vote dans les fédérations socialistes, dit-il. On ne connaît pas les moyens attribués aux candidats, la durée de la campagne, le nombre de débats télévisés. On est en attente sur tout". 

En demandant la démission du député de Paris, le lieutenant d’Arnaud Montebourg fait référence aux déclarations du patron de la rue de Solférino mardi. Le Premier secrétaire du PS, favorable à la candidature de François Hollande, avait alors critiqué et condamné la "stratégie punitive" du candidat à la présidentielle vis-à-vis du chef de l’Etat. "Il ne s'agit pas d'avoir un candidat qui pourrait gagner contre la droite, il s'agit, soit d'empêcher le président de la République, soit de faire en sorte qu'il trébuche", a-t-il déclaré sur le plateau de l'Epreuve de Vérité Public Sénat-Radio Classique-AFP-Les Echos.

La primaire de la Belle alliance populaire, organisée par le PS, doit se tenir en janvier.

[Edit 23 septembre] La réponse de Cambadélis

Interrogé vendredi 23 septembre sur LCP sur cette demande de démission, Jean-Christophe Cambadélis a répliqué à Patrice Prat. Non, le Premier secrétaire du PS ne démissionnera pas. Et il assume ne pas être neutre et soutenir ouvertement la candidature de François Hollande. Il explique également ne pas avoir de leçons à recevoir du député proche d'Arnaud Montebourg puisque ce dernier n'est plus au PS :

 

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Je suis impartial mais je ne suis pas neutre. J’ai dit depuis longtemps que le président de la République est notre meilleur atout à gauche vu les drames que nous sommes en train de vivre et la montée du nationalisme xénophobe dans tout le monde occidental. Je prends parti parce que je pense que c’est la solution. Maintenant, c’est aux électeurs de décider. Je ne vais pas faire comme si, me cachant derrière mon petit doigt, je n’avais pas de réponse. S’ils veulent un responsable politique qui n’affiche pas ses idées, il faudra en choisir un autre et c’est trop tard. Et puis, monsieur Prat, pour pouvoir me donner des leçons, devrait rester au Parti socialiste, ce qui n’est plus son cas.

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