Le faux argument de Richard Ferrand pour défendre Edouard Philippe et son vol à 350.000€

Publié à 10h03, le 20 décembre 2017 , Modifié à 11h41, le 20 décembre 2017

Le faux argument de Richard Ferrand pour défendre Edouard Philippe et son vol à 350.000€
Richard Ferrand. © AFP

"Je comprends que ce chiffre peut surprendre, impressionner aussi les Français." Député La République en marche des Hauts-de-Seine, Gabriel Attal consent que le vol Tokyo-Paris à 350.000€ d’Edouard Philippe et de sa délégation a pu choquer. Mais, invité ce mercredi 20 décembre de Franceinfo, il souligne que "le Premier ministre s’est expliqué" et que "c’est une situation exceptionnelle".

Certes, mais pour justifier la location d’un avion privé pour faire rentrer le Premier ministre et sa délégation au plus vite, Gabriel Attal avance un argument faux. Ainsi explique-t-il :

Il fallait qu’il soit à Paris plus tôt que prévu parce qu’il y avait un conseil de défense, parce que le président de la République quittait le territoire national.

Le deuxième argument est vrai, Emmanuel Macron partait ce mercredi 6 décembre en voyage officiel en Algérie. Un déplacement présidentiel qui avait entraîné le report du Conseil des ministres au vendredi 8 décembre mais aussi le… Conseil de défense, également décalé au vendredi, comme le confirment les agendas officiels, disponibles en ligne, de l’Elysée et des ministres concernés.

Un argument faux donc mais également avancé par Richard Ferrand, patron des députés LREM et invité ce mercredi des 4 Vérités sur France 2, plutôt agacé :

 

Je ne suis pas comptable à Matignon. Matignon donnera les explications que vous voulez entendre. Ce que je sais, c’est que le Premier ministre, qui a tout de même quelques obligations hein, ce n’était pas un voyage touristique en Nouvelle-Calédonie, devait rentrer plus vite pour un Conseil de défense et donc il a fait en sorte d’arriver à l’heure pour travailler, pas pour se promener.

Si Gabriel Attal et Richard Ferrand se plantent, c’est peut-être parce qu’ils ont été bernés par la présence de cette justification dans la première dépêche AFP révélant l’affaire. Matignon y précisait avoir dû affréter ce vol pour deux raisons : l’inconfort d’un avion militaire qui "ne sert pas en temps normal à transporter ni des autorités militaires ni des membres du gouvernement en long courrier et de nuit" ; et "les deux heures ont permis au Premier ministre de revenir 'dans les temps impartis', alors qu'Emmanuel Macron s'apprêtait à décoller pour l'Algérie et qu'un Conseil de Défense était prévu à l'Elysée à 08h".

Invité de RTL, Edouard Philippe a assumé l’affaire et s’est lui-même justifié sur ce vol. "On savait qu'il n'y avait pas de vol commercial à l'heure où on allait rentrer. Et on savait qu'il fallait rentrer pour un élément impératif qui est que le président partait le mercredi matin de notre retour", s'est-il défendu. Et d’ajouter :

C'est compliqué de déplacer le Premier ministre et c'est cher.

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, lors d'une escale technique à Tokyo d'un A340 de l'armée de l'air qui le ramenait avec plusieurs ministres et une soixantaine de personnes en métropole, le Premier ministre et une large partie des passagers ont embarqué dans un autre A340 aux sièges de première classe, loué par Matignon à une entreprise privée pour 350.000 euros. "Ça coûte redoutablement cher et j'en suis parfaitement conscient, j'en suis tellement conscient que j'essaie de faire en sorte, contrairement à ce que peut donner le sentiment de cette photographie sur le Tokyo-Paris, de limiter les frais", a ajouté Edouard Philippe. Le Premier ministre en veut pour preuve que son voyage en Nouvelle-Calédonie a coûté 30% moins cher que le voyage similaire réalisé par Manuel Valls en 2016, selon Matignon.

Ce à quoi l'intéressé a répondu de manière ambiguë sur Twitter ce mercredi :

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